Le Brésil adopte une « constitution de l’Internet » share
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Le Brésil adopte une "constitution de l'Internet"

25 avril 2014

Donner le ton et ouvrir la voie pour une gouvernance multilatérale de l’Internet : c’est ce qu’a fait Dilma Rousseff, la présidente du Brésil en dotant le pays d’une mini-constitution pour assurer « la protection de la confidentialité de l’usager contre toute violation ou utilisation indue des données des internautes brésiliens », comme l’a résumé Virgilio Almeida, le coordinateur de la conférence NETmundial. En ratifiant et présentant la loi lors de cette conférence sur la gouvernance mondiale de l’Internet le 24 avril, Dilma Rousseff souhaite sortir de l’hégémonie américaine dans ce secteur. Explications avec Pandodaily et Les Echos.

Furieuse en découvrant les écoutes de l’agence de sécurité américaine suite aux révélations d’Edward Snowden, Dilma Rousseff mène la fronde pour que les Etats-Unis abandonnent le contrôle de l’Icann, l’organisation qui gère les noms de domaine du Net. Washington a promis de le faire avant la fin 2015. Pourtant, en réunissant des participants issus de 80 pays la présidente du Brésil souhaite aller plus loin.

Cette loi vise à garantir la liberté d’expression, la protection de la vie privée et la neutralité du net. Elle exige notamment des entreprises de l’Internet de ne conserver les données des usagers que pendant une durée d’un an maximum, et de respecter les règles brésiliennes sur l’usage des données personnelles des citoyens.

Son adoption par le Parlement brésilien ne s’est cependant pas faite sans concessions – ainsi les compagnies mondiales de l’Internet ne seront pas obligées de stocker leurs données au Brésil. Et pour aller encore plus loin, la prochaine étape sera sans doute de s’assurer que les câbles sous-marins par lesquels transitent les données à travers les continents ne passent pas tous par le pays de l’Oncle Sam – un sujet sur lequel le Brésil travaille déjà avec les autres grands pays émergents dans le cadre d’un projet de réseau internet alternatif.

Pour en savoir plus, c’est ici.

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