Le deep web : un nouvel espace de liberté pour les artistes ? share
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Le deep web : un nouvel espace de liberté pour les artistes ?

29 septembre 2014

Souvent méconnu par les novices d’Internet, le deep web ou web profond, qui existe pourtant depuis les années 70, n’est apparu aux yeux du grand public qu’avec la récente médiatisation de la plateforme Silk Road ou des Bitcoin. A la recherche de nouvelles opportunités d’expression, le Guardian nous rapporte que des artistes commencent à s’y intéresser et à l’investir. Alors le deep web, nouvelle terre promise pour l’art ?

Si pour une grande majorité de personnes, le deep web rime avec pédophilie, vente d’armes et de drogue, terrorisme, pornographie ou achat de faux passeports américains via des monnaies cryptées, il reste un domaine épargné par la censure, la modération et toute forme de législation. En cela, il constitue pour ceux qui l’investissent un océan de nouvelles possibilités.

Preuve en est avec la sortie du dernier album d’Aphex Twin, producteur influent de musique électronique, dont la promotion s’est dans un premier temps effectuée sur le deep web. Les morceaux de l’album Syro étaient ainsi inaccessibles via un moteur de recherche standard. Un lancement relayé par une importante communauté de hackers, par le biais de sites parallèles tels que Reddit et qui a fait grand bruit dans la presse spécialisée.

En matière de musique, le mouvement en faveur du deep web s’est vu en partie initié par le jeune producteur de hip-hop, Lee Bannon, qui incite les artistes à y promouvoir leurs créations. A l’image du « Paris des années 20 », c’est en effet une véritable fascination que manifeste le producteur pour ce web immergé. A travers ses albums, il ne manque ainsi pas de faire référence aux cultures numériques mais aussi au style de vie particuliers des hackers, sa première communauté de fans.

Redonner une véritable expérience au public

Si les réseaux sociaux peuvent permettre à de nouveaux artistes de se faire connaître, Alec Empire, leader du groupe berlinois Atari Teenage Riot, considère quant à lui qu’ils utilisent trop régulièrement les œuvres musicales comme une source de monétisation :

« Facebook, Twitter, tous ces sites qui aidaient jusqu’à présent les artistes indépendants se retournent désormais contre ces derniers ».

Se familiariser avec le deep web serait pour lui une façon de mieux contrôler la promotion de ses productions mais aussi de redonner un véritable sens à l’expérience vécue par leur public, désormais épargné par les publicités intempestives de certains sites, très souvent sans aucun rapport avec le contenu premier de l’œuvre.

Fatigués des excès du web commercial, une communauté grandissante d’artistes pourraient se tourner vers le deep web, cet espace privé de législation et de surveillance. Un moyen de retrouver les premiers émois suscités par Internet et de conquérir de nouveaux publics ?

Pour plus d’information, c’est ici sur The Guardian.

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