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Le journalisme de données est-il le nouveau mouvement punk ?

3 janvier 2013

Le journalisme doit s’ouvrir. C’est l’idée défendue par Simon Rogers, data-journaliste pour The Guardian, lors de la conférence TEDx Panthéon Sorbonne dont nous vous faisions un compte-rendu il y a quelques semaines.

Souvent présenté comme l’un des symboles du renouveau du journalisme, entre programmeur et rédacteur, Simon Rogers dont l’intervention au TEDx Panthéon Sorbonne est à retrouver ci-dessous, crée depuis plusieurs années des visualisations interactives pour le site internet du journal The Guardian.

Référence dans le domaine, le spécialiste de l’analyse des données qui revendique son inappétence pour les maths se défend pour autant d’avoir des compétences en développement web ou en graphisme :

« Des outils extrêmement simples et gratuits sont présents en ligne. Il n’y a pas besoin d’aller très loin. »

> Retour aux sources

Pour les dataphobes, Simon Rogers rappelle qu’il n’est pas nécessaire d’être familier avec les chiffres :

« Quand j’étais jeune, j’étais terrifié par les maths, aujourd’hui je fais des visualisations de données comme celle concernant les dépenses liées aux prestations sociales par exemple. Ces visualisations sont une façon mathématique de voir le monde » explique-t-il.

Et le data-journaliste remonte au mouvement punk des années soixante-dix pour expliquer la faculté de mobilisation et d’engagement que possède le journalisme de données :

« Cette forme de journalisme, comme le mouvement punk, est quelque chose que tout le monde peut faire. »

> Un environnement de données à s’approprier

Et les données sont aujourd’hui présentes partout, qu’elles soient ouvertes ou « massives. »

Pour Simon Rogers, Internet et le web offrent des capacités d’appropriation incomparables :

« Auparavant, les journaux étaient imprimés et les seules personnes aptes à se saisir des données étaient les statisticiens. Nous ne savions pas par où commencer, mais aujourd’hui nous avons les outils en ligne pour le faire » affirme-t-il.

> Pour un open journalism

Simon Rogers explique ainsi que la démocratisation des données dans toutes les sphères de la société est un élément essentiel à prendre en compte par les journalistes. Mais dans la multitude de données disponibles, on peut vite se perdre. Le data-journaliste rappelle alors qu’il est essentiel de faire appel aux internautes aussi bien pour la collecte que pour le traitement des données.

Il plaide donc en faveur d’un journalisme ouvert, ou open journalism, dont le processus varie du traitement classique de l’information au sein des rédactions :

« Le but est d’impliquer l’audience dans ce que vous faites, les rendre acteurs de votre histoire. Cela rend ce que vous faites beaucoup plus fort » a-t-il affirmé.

En outre, le journalisme doit être transparent et offrir la possibilité aux individus de participer, un élément essentiel à l’heure du web social et du partage de contenus. 

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