Le nouveau monde du travail a ses 5 règles

20 mai 2015

A l’heure où les frontières entre sphère professionnelle et personnelle s’estompent sensiblement, l’écrivain Ross Perlin propose une mise à jour des nouvelles règles du monde du travail sur FastCompany.

·         « Vous irez chaque jour au bureau » devient : « vous travaillerez n’importe où, n’importe quand »

Les employés du métro new-yorkais l’observent déjà : il n’y a plus d’heure de pointe comme il y en a eu par le passé pour se rendre vers les mêmes quartiers. Avec la multiplication des espaces de coworking et le développement du télétravail, il n’y aura peut-être même plus d’espaces uniquement tournés vers l’activité professionnelle. Et si le numérique a joué le rôle de facilitateur de cette transition, le journaliste Ross Perlin estime que l’impulsion reste profondément humaine : chacun aspire, plus que jamais, à travailler selon ses propres termes.

·         « Vous travaillerez de 9h à 19h » devient « vous serez joignable en permanence »

Outre l’espace, c’est aussi le temps de travail traditionnel qui est bouleversé : les heures de travail n’importent plus autant à l’employeur, tant que le respect des dates butoirs reste tenu. Ce qui amène de nombreux actifs à laisser le temps professionnel empiéter dangereusement sur le temps personnel : plus de la moitié des salariés américains consulteraient leurs mails professionnels au moins une fois par jour le week-end et ils seraient même 44 % à s’y livrer pendant leurs vacances ou même la nuit. Face à ces nouvelles pratiques liées à la mobilité des écrans, il devient indispensable de s’imposer des limites selon le journaliste.

·         « Vous travaillerez pour un unique employeur » devient : « vous passerez de job en job, de projet en projet »

En 2014, on recensait plus de 53 millions de freelances aux Etats-Unis, soit un tiers des actifs. Une tendance qui s’accroît dans de nombreux pays, alors que les étudiants d’aujourd’hui sont voués à exercer des professions qui n’existent même pas encore. La traditionnelle question « quel métier faites-vous ? » sera même remplacée par « sur quoi travaillez-vous en ce moment ? » estime le journaliste.

·         « Votre équilibre repose sur une stricte séparation de la vie personnelle et professionnelle » devient : « pour le meilleur comme pour le pire, cette frontière disparaît »

Les technologies qui permettent de maintenir le lien amical ou amoureux au travail sont à double tranchant : dans le temps personnel, elles rappellent sans cesse le monde professionnel par le biais des mêmes notifications et des mêmes réseaux sociaux. De nouvelles pratiques comme le digital labor contribuent aussi à transformer le loisir en source de productivité et de valeur : échange d’appartement, covoiturage ou encore prêts d’outils deviennent des sources de revenus supplémentaires pour des travailleurs déjà à temps complet par ailleurs.

·         « Vous travaillez pour subvenir à vos besoins et à ceux de votre famille » devient : vous travaillez car vous êtes « passionné » par un « mouvement » ou une « cause » et que « vous adorez ce que vous faites »

On ne travaille désormais plus pour une multinationale mais pour une « communauté » ou des « valeurs » explique le journaliste. Avec le risque de dévaluer le travail en considérant qu’il profite plus à soi qu’au marché, et donc que sa valeur se compte moins en salaire qu’en épanouissement personnel. Dans la mesure où sphères privées et professionnelles se confondent, il devient alors de plus en plus difficile de faire la part des choses et de savoir où placer le curseur, notamment sur le temps de loisir dont Keynes prédisait, en 1931, qu’il resterait le principal problème de l’homme qui avait bien du mal à savoir qu’en faire.

Question d’habitude vouée à changer ? Réflexion à suivre du côté de notre débat « Comment travaillerons-nous demain ? » 

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