Le « réseau social anti-Facebook », Nextdoor, conquiert les quartiers américains share
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Le "réseau social anti-Facebook", Nextdoor, conquiert les quartiers américains

27 août 2014

Etre plus proche de ses voisins pour trouver de l’aide auprès d’une communauté activable, c’est ce que propose le réseau social Nextdoor. Depuis sa naissance à San Francisco il y a quatre ans, peu avaient parié sur ce service qui joue la carte de l’hyper-local et vise « simplement » à relier le voisinage. Et pourtant, le succès est désormais au rendez-vous. Bien loin du modèle Facebook, il permet de répondre à un besoin de retrouver de « vraies » relations de proximité, explique The Verge qui revient sur son ascension. 

Mon quartier et seulement mon quartier

« La plupart des grands réseaux sociaux n’ont pas pris le virage du SoLoMo (Social-Local-Mobile), et c’est pour ça que des applications de niche surgissent pour le faire à leur place », nous expliquait le designer Maxime Leroy en juillet dernier.

Nextdoor, le réseau social de proximité qui cartonne en ce moment aux Etats-Unis, semble être de cette nouvelle génération de challengers. Pour préserver son sérieux et sa qualité, il impose de montrer patte blanche. D’une part, il exige à l’inscription de donner son identité et l’adresse de son logement avec preuves à l’appui. D’autre part, les messages des membres ne pourront être vus que par les utilisateurs de leur environnement immédiat. Enfin, les logiques de partage et de « retweet » sont absentes, l’idée étant bien plus de cibler l’environnement immédiat des messages que de les propager sur tout le réseau. 

Et pourtant, phénomène étrange, Nextdoor conquiert tout le pays, passant en deux ans de 3 500 à 40 000 quartiers, et pouvant ainsi toucher un américain sur quatre.

Un succès qui s’explique sans doute par le fait que Nextdoor résout une contradiction des Facebook et consorts : si l’on y observe une richesse sociale importante, les amitiés proches et les relations de quartier ne s’y trouvent pas mieux valorisés que les simples et lointains contacts. Comme le précise Maxime Leroy : 

« Il n’y a rien de local dans le service [de Facebook] : l’application, très lourde par ailleurs, limite ton cercle d’amis par la localité au lieu d’utiliser le GPS comme base pour étendre ton réseau. L’application te dit : « voilà ceux, parmi tes amis, ceux qui sont près de toi ». Rien n’est recontextualisé localement : je n’entre pas en discussion avec mes amis proches de moi ; et je ne découvre pas de groupes Facebook locaux alors qu’il y en a plein. »

Nextdoor pourrait donc être de ceux qui changeront la donne. Pour Matthew Tortorella, officier de police à San Diego qui l’utilise, le réseau social permet ainsi de rapprocher la police de ses concitoyens. Il offre de nouveaux services locaux, à l’instar de la police de San Diego qui a utilisé le système d’alerte du service pour signaler les évacuations lors d’importants incendies de feux de forêts. 

A ceux qui pensaient avoir tout vu de la tendance « SoLoMo » (social, local et mobile), l’aventure Nextdoor rappelle ainsi que les réseaux sociaux de « niche » ont encore un bel avenir devant eux.

Pour en savoir plus, c’est ici dans l’article de The Verge ou avec notre interview de Maxime Leroy.

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