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Le support physique de lecture ne sera pas unique

28 octobre 2011

Il n’y a pas eu de big bang, pas de grand soir. Pas de disparition du papier, ni de basculement soudain dans une lecture de science-fiction. Mais le livre numérique est là. Je cherchais récemment un passage de Michelet : j’ai lancé une requête sur le Net, et trouvé la page exacte dans les vingt volumes de son histoire de France. La nuit suivante, j’ai pris mon smart phone, téléchargé et lu quatre nouvelles de Tchékov, sans réveiller ma femme.

 
Ce qui n’existe pas encore, (et prendra sans doute encore quelques années) c’est le nouveau marché qui va avec. Mais voici deux ou trois choses auxquelles je crois.
  1. Ce nouveau marché ne fonctionnera pas avec les règles de l’ancien, dominé par les éditeurs. Le nouveau le sera par ceux qui contrôlent la technologie et la distribution (Apple, Google, Amazon), et sans doute par de nouveaux acteurs qui proposeront des modèles qui ne seront pas nécessairement celui de la vente à l’unité.
     
  2. Le numérique, dissociant le texte de son support de lecture, fait disparaître la barrière de la publication dans un format donné. L’offre de textes explose, et ce n’est pas tant le fait des  éditeurs que celui des auteurs eux-mêmes, et des bibliothèques. Les formats d’écriture se multiplient : articles, notes, blogs, feuilletons, documents, commentaires, etc. et deviennent de plus en plus hypertextuels et multimedia.
     
  3. Le support physique de lecture ne sera pas unique. A côté des tablettes (polyvalentes : iPad, ou spécialisées : Kindle, ebooks) on trouvera toujours PCs et smartphones, mais aussi du papier et de l’encre électroniques, et… le bon vieux livre traditionnel. Car le livre « codex » possède une vertu jusqu’ici indépassable : la qualité de présence, la densité physique et l’épaisseur qu’il confère à un texte.

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