Le SMS vit-il ses derniers jours ?

14 janvier 2014

En 160 caractères, il a dominé le monde de la communication mobile pendant deux décennies, inventant un nouveau rapport à la langue française. A l’heure des smartphones, il est désormais délaissé, malmené au profit d’une myriade d’applications de messagerie mobile. Le SMS est-il sur le déclin ? Probablement, à en croire une étude réalisée par Deloitte au Royaume-Uni et relayée par le Guardian : dans ce pays, pour la première fois depuis leur invention, le nombre de textos envoyés a baissé. 

Le graphique ci-dessus ne vaut-il pas mille mots ? On y voit l’irrésistible ascension des services de messagerie instantanée depuis 2010 (en rouge), en même temps que l’arrêt brutal de la croissance du nombre de SMS envoyés (en gris). Entre 2012 et 2013, on aurait même fait face à la première décroissance de l’usage du texto : les britanniques en auraient envoyé cette année 7 milliards de SMS en moins qu’en 2012, selon les estimations de Deloitte. Un chiffre que le cabinet prévoit encore à la baisse pour 2014.

WhatsApp : 1 – SMS : 0

Si l’on envoie moins de textos, on utilise plus que jamais notre téléphone portable pour envoyer des messages. Car dans l’intervalle, ce sont les services de messagerie mobile, tels que Skype, What’sApp, Facebook Messenger ou Snapchat qui ont raflé la mise : alors que l’usage du mobile aurait augmenté de 115% en 2013, ces applications sont désormais les plus addictives avec une croissance de 203% de leur usage entre 2012 et 2013. Si la prévision, faite par Deloitte, des 300 milliards de messages envoyés via ces nouveaux services se confirmait pour 2014, on pourra même parler de croissance exponentielle des usages de messagerie mobile, dans un contexte de démultiplication des canaux.

Si ces applications séduisent, c’est qu’elles facilitent et renouvellent la communication avec plusieurs personnes à la fois, aux quatre coins du monde, en joignant des photos ou des vidéos… et sans payer le prix du texto. 


Le SMS n’est pas K.O

Ils semble donc révolu, le temps où les jeunes américains s’envoyaient quelque 3200 SMS par mois, pour le plus grand bonheur des opérateurs. Mais que les « nostalgeeks » se rassurent : le bon vieux SMS n’a pas dit son dernier mot. D’abord parce qu’il reste le service de messagerie privilégié des seniors dans un contexte où, même si nos aînés sont de plus en plus nombreux à s’équiper en smartphones, un quart d’entre eux ne devraient pas télécharger la moindre application en 2014 selon l’étude de Deloitte.

Le SMS reste aussi le meilleur moyen de toucher les personnes dans le besoin – des personnes qui sont rarement équipées de smartphones, comme les associations et organismes caritatifs le savent bien. Enfin, les textos devraient garder la cote dans de nombreux pays en développement, et notamment en Afrique où ils servent aussi de moyen de micro-paiement.

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