Leçons d’activisme en ligne pour les défenseurs des droits de l’Homme share
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Leçons d'activisme en ligne pour les défenseurs des droits de l'Homme

5 novembre 2012

Le Robert Kennedy Center for Justice and Human Rights va rouvrir une ancienne prison de Florence, en Italie, afin d’y accueillir des cours d’activisme en ligne à l’usage de ceux qui tentent de faire bouger les choses, parfois au péril de leur vie.

L’idée ? Aider les défenseurs des droits de l’homme du monde entier à promouvoir et diffuser leurs idées. BBC News décrypte cette initiative dans un long article paru en début de semaine.

> Les réseaux sociaux, armes locales de diffusion massive 

Pour Sean Coughlan, auteur de l’article, les révolutions arabes du Printemps 2011 ont montré que les actes de protestation relèvent aujourd’hui à la fois de manifestations publiques et d’individus utilisant les réseaux sociaux : les manifestations de rue se sont transformées en protestations sur Twitter (« Street protests have become Tweet protests »).

Pour les blogueurs et utilisateurs des réseaux sociaux engagés, la difficulté principale est de trouver l’équilibre entre une discrétion essentielle, souvent vitale, et le besoin tout aussi fondamental de toucher le maximum de personnes en ligne : : les régimes autoritaires peuvent facilement partir à la chasse aux activistes en ligne ou (essayer de) surveiller les réunions clandestines, comme l’explique notamment par Evgeny Morozov.

Le futur institut florentin arrivera-t-il à affiner et théoriser cet équilibre essentiel pour des activistes venus de tous les pays ? Pour Federico Moro, directeur du projet, il s’agira en tout cas bien d’utiliser « la technologie pour promouvoir la démocratie, les droits de l’homme et la justice ». L’institut combinera donc enseignements théoriques et cours pratiques, voire entraînements en ligne. Quant au recrutement des futurs étudiants, il ne sera pas des plus simples. Il faudra en effet veiller à protéger l’anonymat de personnes qui prennent des risques en s’inscrivant à ces cours. 

> Contourner la censure, ça s’apprend ?

Concrètement, qu’est-ce qu’un activiste numérique doit-il savoir et savoir faire ? 

L’association de défense des droits de l’Homme Witness, basée à Brooklyn, à New York, diffuse des vidéos d’organisations de défense des droits de l’Homme et héberge déjà des centaines de vidéos en provenance de pays comme la Syrie, le Pakistan, la Libye ou la Chine. « Il est essentiel de sélectionner et de mettre en valeur les vidéos les plus pertinentes pour qu’elles trouvent un écho en ligne » explique Chris Michael, membre de Witness interrogé par BBC News.

En clair : les plateformes vidéo sont des aubaines pour l’activisme en ligne, mais il faut veiller à ce que les contenus produits par les défenseurs des droits de l’Homme ne soient pas noyés dans un océan de contenus… et donc, apprendre à les fabriquer.

Pour Chris Michael, un activiste connecté peut défier les autorités de son pays de multiples façons : en s’organisant en ligne tout en restant parfaitement anonyme, en contrant des tentatives de blocage de sites, en utilisant les réseaux sociaux comme un amplificateur pour donner à voir la réalité du terrain… la formation devrait donc couvrir tous ces domaines.

En se mettant à enseigner ces astuces, jusque là souvent échangées sur des forums spécialisés ou dans des milieux fermés, Florence pourrait ainsi devenir la capitale de la résistance en ligne. Et cela, de manière collaborative, en s’appuyant sur des initiatives individuelles – notamment celles de ses élèves – pour élaborer collectivement les bonnes pratiques de l’activisme sur Internet.

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