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Les adolescents dorment moins : la faute aux écrans ?

8 juillet 2014

Sept heures par nuit. C’est le temps que passe plus de la moitié des jeunes américains de 15 à 17 ans à dormir, selon un sondage de la National Sleep Foundation (NSF). Soit 90 minutes de moins que le minimum recommandé… Techno-dépendants, les adolescents réduisent leur temps de sommeil pour surfer sur la tendance du « #vamping ». Un phénomène que nous relate The New York Times dans un article du 3 juillet.

Ma vie sociale en direct live depuis mon lit

Chez les adolescents, le hashtag « #vamping » a la côte. A l’image de ses sources d’inspiration (le film Twilight et la série True Blood), il s’agit de se transformer en « oiseau » nocturne pour inonder de gazouillis les plateformes sociales. Selfies (ou autoportraits) prétendument spontanées et sérendipité sont également de rigueur.

« Parfois je jette un coup d’œil sur l’heure, je remarque qu’il est 3 heures du matin et je suis en train de regarder une vidéo d’une girafe mangeant un steak », explique ainsi Owen, un jeune de 15 ans de Portland.

Les selfies postées sur leur fil Instagram se font donc en direct depuis leur lit, à l’heure où les parents dorment, accompagnés des hashtags #teen, #breakingnight, ou encore #vamping.

Des pérégrinations nocturnes prises au sérieux

Aujourd’hui, ce phénomène va jusqu’à intéresser les universitaires, à l’image d’Alice Marwick, professeure assistante à l’université Fordham à New York, qui étudie la sociologie des réseaux sociaux. Elle voit une raison à cette vie numérique nocturne :

« La maîtrise de nos propres vies est remise en question par les médias sociaux et le « vamping » est un pas vers sa réappropriation. »

Pour danah boyd, ethnographe et chercheuse chez Microsoft Research, qui récemment a écrit le livre It’s Complicated : The Social Lives of Networked Teens (C’est compliqué : les vies sociales des adolescents connectés), ce phénomène s’explique par deux raisons :

D’une part, les adolescents ont le désir de se connecter et la solitude de la nuit est souvent plus propice à des conversations privées. D’autre part, ils réagissent tout simplement à leurs emplois du temps surchargés qui ne leur laissent guère de temps libre en journée.

Un phénomène qui pousse même certaines écoles à aider les parents à déconnecter leurs enfants en conseillant, par exemple, de garder les appareils électroniques en dehors de la chambre. Mais patrouiller H24 reste cependant mission impossible. 

Alors, si le web est parfois assimilé à « l’héroïne », comme en Chine où des thérapies existent déjà pour « désintoxiquer » les adolescents les plus dépendants aux écrans, l’article, quant à lui, nuance l’importance de cette pratique en expliquant qu’autrefois on se jouait déjà des parents en glissant une lampe de poche sous la couette pour lire tranquillement à leur insu. Et si on érigeait plutôt un mot dièse en l’honneur de tous ces filous ?

Pour en savoir plus, c’est ici dans l’article du New York Times.

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