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Les clés du succès du crowdfunding de projets urbains

13 juin 2014

Des histoires de citoyens qui financent eux-mêmes des projets d’utilité publique au sein des villes grâce à des plateformes de crowdfunding, ou « finance participative » en Français, on en entend de plus en plus. Fastcoexist explique les raisons du succès de ces levées de fonds civiques.

Alors que la majeure partie des campagnes de crowdfunding concerne des projets privés, le phénomène de finance participative pour projets urbains, initié par des plateformes telles que Kickstarter, suscite un intérêt grandissant. Des sites comme Citizinvestor, Neighbor.ly, et IOBY permettent aux gouvernements ou à tout un chacun de financer des projets tels que des parcs, des piscines, des festivals et potentiellement de tout bien public.

Rodrigo Davies, chercheur au MIT’s Center for Civic Media, a étudié le phénomène du crowdfunding de projets urbains et a récemment publié un rapport de 173 pages sur la question. Il explique que cette tendance est pour l’heure de petite taille mais qu’elle fonctionne très bien. Davies a concentré ses études sur sept plateformes : quatre aux Etats-Unis et trois autres respectivement en Grande-Bretagne, en Espagne et au Brésil. Il a identifié 1 224 campagnes de finance participative civique entre 2010 et mars 2014. Au total, celles-ci ont levé 10,74 millions de dollars, soit 6 357 dollars en moyenne. Les sommes des projets civiques sont généralement plus petites que celles des projets d’entreprises privées, mais leur objectif est atteint plus souvent.

Les parcs et les jardins publics sont les projets civiques les plus communs. Davies explique le succès du financement participatif des espaces verts par trois raisons principales. Premièrement, les gens ont l’habitude d’entretenir volontairement les jardins publics. Les soutenir financièrement ne représente donc pas une marche insurmontable pour eux. Deuxièmement, les projets d’espaces verts sont faciles à mettre en œuvre, contrairement aux projets immobiliers. Et troisièmement, les espaces verts suscitent le consensus : tout le monde veut que son environnement soit plus vert.

« Les gens financent les projets qui attirent l’œil et qui sont sexy, note Davies. Mais au-delà, il y a un tas de services qui n’attirent pas l’œil et qui pourtant sont essentiels. Est ce que des gens financeraient un centre de désintoxication, par exemple ? C’est difficile à croire. Ce n’est pas un hasard si les projets qui suscitent le consensus sont ceux qui rencontrent le plus grand succès. »

Jusqu’à maintenant, le phénomène de finance participative civique reste cantonné aux grandes villes, telles que New-York, San Francisco et Londres. Mais Davies estime que des métropoles de moindre envergure devraient voir émerger ce phénomène dans les prochains mois. Reste à attendre son arrivée dans le débat français, pour savoir comment sera tranchée la question des limites démocratiques de ce procédé.

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