Les cours en ligne, une opportunité pour les universités du Sud ? share
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Les cours en ligne, une opportunité pour les universités du Sud ?

26 novembre 2012

A l’heure où les cours en ligne semblent connaitre un développement important, certains se mobilisent pour faire accepter ces nouvelles manières d’enseigner. Dans le MIT Technology Review, Antonio Regalado nous raconte ainsi l’histoire de Carlos Martinez, enseignement à l’université du Salvador, qui défend l’accès aux cours en ligne – les MOOC pour massive open online courses –  pour faire progresser les étudiants salvadoriens.

> L’utilisation des cours en ligne : le combat d’un professeur engagé 

Tout commence lorsque Carlos Martinez s’inscrit à des cours d’électronique via la plate-forme edX, au printemps dernier. Convaincu par le potentiel de cet enseignement, il décide de créer un blog avec ses étudiants pour convaincre son entourage de l’efficacité des MOOC, et devient vite « le défenseur des cours en ligne ».

Mais très vite, la direction de son université s’est opposée à cette démarche. Devant se résigner à ne plus utiliser ces supports de cours, il a continué son combat via Facebook pour inciter ses élèves à s’inscrire à cette plateforme, et profiter de l’accès gratuit à des cours d’excellence, assortis d’examens payants. 

Carlos Martinez s’est retrouvé confronté à l’immobilisme de la direction de son université, qui semblait selon lui « ne pas être consciente de l’intérêt et du potentiel que représentent les nouvelles technologies ». Pourtant l’université du Salvador, seule université publique du pays, dispose de peu de moyens pour accueillir les élèves. Avec un budget trois fois moins élevé que celui de l’université du Michigan, pour le même nombre d’étudiants (50 000), elle ne peut accepter chaque année qu’un tiers des candidats. Cette formule de cours en ligne pourrait donc représenter un bon compromis pour renouveler l’enseignement à moindre coût.

> Le succès des cours en ligne dans les pays du Sud

Au regard du rapport produit par la plateforme de cours en ligne Coursera, les bénéficiaires de ces formations sont en majorité des étrangers. 62% des étudiants qui suivent ces enseignements n’étudient pas aux Etats-Unis, mais au Brésil, en Inde, en Chine et au Canada.

Les cours en ligne représentent donc une réelle opportunité pour faire progresser l’éducation dans les pays émergents ou en voie de développement comme le Brésil, la Chine ou la Colombie.

> Une « Mac Donaldisation des enseignements » ?

Comme pour tout progrès, certains s’inquiètent du développement uniforme et très rapide de cette nouvelle pratique. Et si ce phénomène conduisait à la concentration, voire à une disparition des universités ? Il n’y aurait alors plus que 10 institutions d’enseignement supérieur dans le monde.

Jason Lane et Kevin Kinser, deux professeurs, dénoncent quant à eux une « MacDonaldisation » de l’enseignement supérieur : dans cette logique, toutes les universités seraient amenées à produire les mêmes enseignements.

> La conviction de faire progresser l’enseignement supérieur salvadorien

Face à ces inquiétudes, Carlos Martinez persiste dans sa démarche. Dans un pays comme le Salvador, où les pratiques informatiques dans l’enseignement supérieur n’ont que très peu évolué depuis les années 70, les cours en ligne représentent une nouvelle manière pour les étudiants salvadoriens d’appréhender de nouveaux savoirs et usages du web :

 « J’essaie de faire comprendre aux enseignants que le monde a changé et qu’il est de notre devoir de s’adapter. Les jeunes professeurs peuvent faire face à ce nouvel environnement, mais je crains que les anciens n’y parviennent pas ».

Pour que les étudiants salvadoriens puissent bénéficier d’un enseignement neuf et ouvert, et peut-être pour augmenter leurs chances de trouver un emploi dans un pays où la majorité des jeunes de 16 ans n’ont pas accès à l’enseignement supérieur, Carlos Martinez est bien déterminé à poursuivre son combat.

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