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Les émeutes au crible des sciences sociales

12 août 2011

Il y a quelques mois, les médias glorifiaient les nouvelles technologies et les médias sociaux pour leur rôle dans les révolutions arabes. Aujourd’hui, ces mêmes médias les fustigent pour leur rôle supposé dans les émeutes anglaises.

 

C’est contre ce qu’ils appellent la « sublime hypocrisie des médias européens grand public » qu’Antonio A. Casilli – sociologue à l’EHESS, déjà croisé sur RSLN – et Paola Tubaro – sociologue et économiste – proposent une analyse alternative, directement issue des sciences sociales.

 

Que peut-on dire sur le rôle des médias sociaux dans l’assistance ou l’encouragement de la propagation d’un conflit politique ? Pas grand chose, répondent les auteurs, faute de données trop longues à collecter et à analyser, si l’on veut réagir au moment des évènements. Ils proposent alors une nouvelle approche, de « simulation sociale », qui compare des scénarios sociaux alternatifs générés par ordinateur, pour détecter quelles variables rentrent en jeu dans ces processus sociaux.

 

Principal objectif : montrer que, dans une société donnée, plus les médias sociaux sont réprimés et censurés lors de troubles sociaux, plus la situation dégénère, pour tout le monde.

 

On ne peut que vous en recommander la lecture qui, bien que très détaillée et en anglais, reste plutôt accessible :

 

« Ce que nous avons essayé de démontrer est que, malgré l’absence de données empiriques, les sciences sociales peuvent nous aider à interpréter comment les facteurs sociaux rentrent en jeu, et peut-être éviter d’échanger les valeurs démocratiques et la liberté d’expression pour une idée de sécurité illusoire. »

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