Les femmes et le numérique : entre auto-censure et stéréotypes share
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Les femmes et le numérique : entre auto-censure et stéréotypes

6 mars 2014

Historiquement, le développement informatique est sans conteste un milieu masculin. Les femmes peinent à y entrer, probablement par leur manque de connaissance du métier, mais aussi par des a priori qui persistent sur le domaine. Je suis développeuse et c’est, à mon sens, une activité extrêmement ludique et créative. J’ai souvent le sentiment en programmant de résoudre des énigmes, de gagner des niveaux comme dans un jeu et de développer une application en m’amusant à architecturer l’ensemble d’une manière qui m’est personnelle.

Nombre de femmes s’autocensurent également sans le savoir, pensant qu’il s’agit d’un domaine réservé aux hommes. Malheureusement, aujourd’hui encore, les jeunes filles sont plutôt éduquées dans l’idée que des métiers qui ont une finalité altruiste et/ou artistique leur correspondent mieux que des métiers intellectuels de pure réflexion ou plus abstraits. 

Ainsi, l’une de nos étudiantes, à la Web@cadémie avait été dirigée vers un BEP secrétariat alors qu’elle indiquait son penchant pour l’informatique à sa conseillère d’orientation. Cette erreur d’orientation, sans doute associée à d’autres facteurs, a été déterminante dans l’abandon initial de sa scolarité. Aujourd’hui, sa formation à la Web@cadémie lui a permis de devenir une brillante développeuse qui a notamment fait des étincelles lors de son passage en stage chez Microsoft.

On peut aussi souligner que le monde des développeurs informatiques était initialement constitué d’une population masculine « geek » dont l’une des caractéristiques est d’être peu encline à la socialisation ou au chemin de découverte vers l’autre. Or qu’y a-t-il de plus différent que le sexe opposé ? Aussi ce milieu, par manque de connaissance et sans doute par peur de la femme, ne leur laissait souvent comme place que des rôles de bon « pote », leur niant tout caractère féminin, ou les enfermait, au contraire, dans un rôle essentiellement sexuel. Difficile de trouver une place pour exister en tant que femme sans tomber dans l’un de ces deux extrêmes.

Heureusement, les mentalités évoluent, le métier de développeur est de mieux en mieux connu, se féminise et la gent masculine est plus à même de les accueillir. Preuve en est : nous sommes sur le point d’intégrer 20% de filles dans la nouvelle promotion de la Web@cadémie, ce qui est bien au-dessus des 5% habituels. 

Cependant la question n’est-elle pas de savoir si les femmes accèdent à ces métiers, mais aussi et surtout, à quelles conditions elles y accèdent ? En l’occurrence avec le même salaire…?

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