Les Trois Grâces retouchées : et si le numérique avait changé nos canons de beauté ? share
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Les Trois Grâces retouchées : et si le numérique avait changé nos canons de beauté ?

3 juin 2014

Les chefs-d’œuvre de la peinture classique nous inspirent souvent cette réflexion : ces corps de femmes alanguis sur les tableaux de maîtres… on était loin des gravures de mode filiformes qui nous entourent aujourd’hui, d’ailleurs – faut-il le rappeler ? – largement retouchés.

Et si on avait appliqué à ces femmes les mêmes standards de beauté qui peuplent aujourd’hui nos magazines ? Lauren Wade, éditrice photo pour le site Takepart.com a imaginé la chose, présentée sous forme de gifs animés qui illustrent l’évolution des normes attribuées au corps féminin. Le magazine PSFK s’est penché sur le sujet.

C’est un aller-retour entre plusieurs siècles que subit notre œil en voyant, des Trois Grâces de Raphaël à la Vénus de Botticelli, ces ventres, cuisses et visages perdre brutalement leurs rondeurs au rythme saccadé du gif. Un effet de contraste ainsi accentué et un clin d’œil à l’effet avant/après, souvent associé à la transformation du corps et utilisé dans la communication des secteurs de l’alimentation diététique ou de la chirurgie plastique, ainsi que couramment dans la publicité.

Les canons de beauté changent au fil des époques, et si un corps bien en chair et tout en courbes était recherché car associé au succès et à la richesse jusqu’au XXème siècle, c’est le culte de la minceur qui influence la perception de l’idéal féminin aujourd’hui. Une réalité dénoncée par des discours que l’on entend souvent mais qui voit une illustration originale dans le projet de l’éditrice photo de Takepart, elle-même d’ailleurs confrontée dans sa carrière à retoucher les corps de mannequins de mode pour la presse ou la publicité.

Du tableau au gif, c’est un voyage entre deux formats et plusieurs époques que nous propose Lauren Wade, dont la pointe d’humour masque à peine le message qu’elle fait passer.

Sa vision ? Si aucune des muses des peintres classiques ne serait rentrée dans un 36, ce n’est pas vraiment non plus le cas de la majorité des femmes d’aujourd’hui. Or l’habitude de voir des corps retouchés nous le fait peut-être un peu oublier et influence très certainement à notre insu l’idée qu’on se fait du beau.

Méfiance donc, car – paraît-il – belle retouchée n’est que représentation trompeuse de la féminité…

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