Des yeux derrière la tête

2 janvier 2013

2013 sera-t-elle l’année des (gros) casques connectés ? Après celui qui permet de voir le monde en slow motion, en voici un, bien français cette fois : le FlyViz.

Fruit d’une collaboration scientifique de deux ans entre Inria, l’ESIEA, l’INSA Rennes et l’Université de Rennes 1, ce casque joue dans la catégorie des technologies qui augmentent nos capacités, puisqu’il permet de voir à 360°… comme une mouche ou un caméléon ! 

> Comment ça marche ?

Associer une caméra panoramique et un visiocasque : il suffisait d’y penser. Mais le procédé n’est pas aussi simple qu’il n’y parait : l’image capturée par la caméra nécessite un traitement pour être « aplatie » afin d’être interprétée par l’utilisateur – un peu comme on transforme une mappemonde en carte géographique.

Avec le mode de projection choisi, tout ce qui vous fait face figure au centre de l’écran, et votre périphérie s’étale progressivement vers la gauche et la droite. Une technique qui a bien entendu ses limites : une personne se tenant juste derrière vous apparaîtra ainsi divisée en deux, moitié gauche sur le bord gauche de l’écran, moitié droite à l’extrémité droite.

Pas très pratique, donc, mais tout de même assez pour que l’utilisateur filmé dans la vidéo de présentation du projet (ci-dessous) puisse passer une porte à reculons… et même conduire une voiture. 

 

> A quoi ça sert ? 

« FlyViz peut servir à des recherches en neurosciences ou en psychologie sur la perception visuelle, ou encore l’apprentissage et la plasticité cérébrale », explique Anatole Lecuyer, directeur de recherche et responsable du projet à l’Inria.

Voir en permanence ce qui se trouve derrière nous n’est en effet pas très naturel, et appréhender, comprendre et utiliser cette nouvelle vision nécessite une adaptation du cerveau. En attendant, « c’est une expérience sensorielle assez unique », assure le chercheur, qui envisage toutes sortes d’expériences ludiques. 

Les autres applications proposées par les chercheurs paraissent moins évidentes (certains s’en sont même moqués gentiment) :

« On pense à des activités qui demandent d’acquérir une grande quantité d’informations visuelles autour de soi : un agent de circulation qui doit surveiller ce qui se passe à son carrefour, un sauveteur ou un pompier qui doit intervenir en urgence, et pourrait ainsi localiser des dangers… ».

Reste une question cruciale : est-ce que la capacité de voir à 360° mérite qu’on sorte dans la rue déguisé en spationaute ? Que l’on se rassure : « on peut largement miniaturiser et réduire le poids de ce dispositif », assure Anatole Lecuyer.

Si des applications commerciales ne sont pas pour tout de suite, FlyViz reste donc une innovation à suivre… du coin de l’oeil !
 

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