L’évolution de l’esprit humain est désormais liée à celle des machines share
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L'évolution de l'esprit humain est désormais liée à celle des machines

4 avril 2014

Les scénarios catastrophe d’un futur dominé par les intelligences artificielles alimentent les imaginaires, mais finissent par enlever à l’homme sa capacité à progresser intellectuellement avec ses créations, affirme un article d’Usbek et Rica publié le 3 avril dernier.

Comment définir ce qui fait le propre de l’intelligence humaine à l’heure du numérique ? Plus précisément, à l’heure où nous reléguons à des machines le soin d’effectuer des calculs si complexes qu’aucun homme ne pourrait les résoudre sans leur soutien ? C’est la difficile question à laquelle devait répondre le 25 mars David Bates, professeur de rhétorique et membre du groupe de recherche Digital Studies. Invité par l’Institut de Recherche et d’Innovation (IRI), le spécialiste de l’intelligence artificielle a vu sa réponse introduite par le professeur Bernard Stiegler :

« La question n’est pas tellement de savoir si l’homme sera remplacé par l’ordinateur, mais plutôt de comprendre la nature du couplage, du partenariat qui les unit. »

Car loin de s’élever contre les machines, les chercheurs s’accordent à penser que les intelligences humaines et machiniques se co-construisent. Et peut-on d’ailleurs parler d’intelligence des machines, quand celles-ci ne raisonnent pas mais répondent à des programmes ? Pour Bates, c’est ce qui continue de distinguer l’homme de ses créations, même les plus perfectionnées :

 « L’intelligence humaine est organisée par la technologie en même temps qu’elle organise cette technologie. Mais même si l’homme peut subir certaines conversions, sa capacité à prendre certaines décisions relève de ce qui n’est pas programmable. »

Autrement dit, c’est la spontanéité et la plasticité de l’intelligence humaine qui établit un rapport en notre faveur. En outre, penser à une symbiose homme-machine permet, notamment pour le penseur Licklider, d’envisager une amplification de notre intelligence : en libérant les hommes des tâches mécaniques, on leur laisserait plus de temps pour se consacrer à une pensée créative. 

Pour lire le passionnant article d’Usbek et Rica, c’est ici.

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