L’intelligence d’une ville, c’est d’effacer la technologie share
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L'intelligence d'une ville, c'est d'effacer la technologie

11 décembre 2013

Je ne sais pas si j’ai envie d’une ville intelligente qui soit “technologique”, au sens où l’on verrait des éoliennes sur chaque toit, où mon mobile ne cesserait de bipper à chaque fois que je croiserai une balise RFID et où toutes les publicités commenceraient par “Gilles…” Cette ville-là, a déjà été décrite dans la science fiction et elle n’est pas intelligente en ce sens où la technologie est visible et précède l’être humain, avec tous les risques de totalitarismes que cela présuppose. 

Pour moi, l’intelligence d’une ville consiste à effacer la technologie. A faire en sorte que la ville soit le lieu où je prends mon café le matin en discutant avec quelques amis, pour refaire le monde. Mais derrière cela, il peut y avoir beaucoup d’assistances issues de la technologie. L’existence de l’Agora, par exemple, peut être considérablement renforcée par la possibilité de prendre part au débat public à tout instant. Le débat du café peut prendre un tournant contestataire : les trottoirs de l’arrondissement ne sont pas propres ? Accéder facilement à la donnée qui me permet de savoir s’ils sont balayés à la même fréquence qu’ailleurs, si le budget consacré est inférieur ou supérieur, puis participer éventuellement au débat à ce sujet, c’est la projection moderne de l’Agora issue de la Grèce Antique. 

Aujourd’hui c’est laborieux : il faut trouver la donnée, il faut trouver le lieu de débat, sans aucunement savoir si l’on sera entendu. C’est pourtant à ça que la technologie doit servir : faciliter l’accès aux éléments factuels pour que le Débat Citoyen ne soit plus fondé sur les chimères que veulent nous vendre les acteurs politiques, mais sur la réalité, et en conséquence ancrer la démocratie, locale pour commencer, dans une nouvelle ère de responsabilité et de maturité. 

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