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Localiser ses amis pour mieux les éviter : les réseaux "anti-sociaux"

26 mars 2014

A contre-courant de toutes les plateformes sociales, l’application mobile Cloak permet d’éviter vos amis. Concept étonnant ? Pas tellement, ce service mobile surfe sur la tendance des réseaux « anti-sociaux » dont la promesse est de vous aider à rester seul. Explications dans PandoDailly.

Imaginez une application qui, en se basant sur les données de Foursquare et Instagram, vous permette de géolocaliser en temps réel les gens que vous ne voulez surtout pas croiser – pour mieux les éviter. L’idée ? Afficher sur une carte les personnes que vous avez notifiées au préalable comme étant indésirables. 

Le principe de Cloak est donc le même que les apps de rencontre comme Tinder : du mobile, du local et un système d’alerte… à la différence près que alertes que vous recevrez vous permettront d’échapper à vos amis détectés à moins d’un kilomètre. A l’heure où se multiplient les réseaux sociaux nous poussant à interagir avec les personnes localisées proches de nous, Cloak invite donc à une relation aux technologies sociales complètement opposée : moins de conversations, plus de déconnexion et moins de stress, que la tendance dominante qui revient à être lu ou visible à tous en permanence.
 

Anonymat et discrétion : les clés de la liberté ?

Cette tendance nous ramènerait aux prémices du web, souligne PandoDaily : lorsque les gens allaient en ligne pour communiquer avec des personnes partageant les mêmes idées, ils se cachaient derrière des pseudonymes pour échanger plus librement. Comme l’expliquait le sociologue Dominique Cardon à l’occasion de notre débat « L’anonymat est-il encore utile en ligne ? » :

« L’anonymat constitue un puissant outil de désinhibition, autorise les émotions, la liberté de ton, le droit de ne pas argumenter dans des formes convenues, de ne pas être exactement soi-même, de s’émanciper des contraintes et des contrôles. En rendant artificiellement égaux derrière le masque du pseudo, le droit à l’anonymat libère les subjectivités »

Pourtant le pseudo n’est plus vraiment à la mode : à l’heure du web social on préfère le laisser de côté et capitaliser sur son nom. Dans une société hyper-connectée, Cloak répondrait ainsi aux inquiétudes relatives à la protection de la vie privée et rétablirait un certain anonymat.

Alors qu’avoir un grand nombre d’amis sur les réseaux sociaux est aussi source d’angoisse, on trouve ainsi de plus en plus de critiques aujourd’hui sur l’injonction à être « social ». Alors, les réseaux anti-sociaux : une tendance qui émerge… et n’est pas prête de s’arrêter ?

Pour en savoir plus, c’est ici dans PandoDaily.

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