Microsoft Research / Inria : les dessous d’un partenariat renouvelé share
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Microsoft Research / Inria : les dessous d'un partenariat renouvelé

9 avril 2014

A l’occasion du renouvellement du partenariat entre Microsoft Research et l’Inria, nous vous invitons à découvrir les axes d’une collaboration scientifique fructueuse depuis sept ans. Poursuivant leurs travaux sur les méthodes formelles, les deux institutions vont élargir leur recherche aux nouveaux enjeux du numérique : Big Data et Machine Learning, réseaux sociaux et préservation de la vie privée… Présentations.

Les méthodes formelles ou comment prévenir les bugs quand tout devient numérique

Dès sa création, le centre de recherche commun Inria-Microsoft Research s’est concentré sur les méthodes formelles qui visent notamment à garantir par la logique mathématique qu’un logiciel est exempt de bugs. L’enjeu ? Transmettre des informations plus fiables et de façon sûre : un impératif à l’heure où de nombreuses transactions financières s’effectuent sur Internet.
 

Grâce à ces techniques de mise à l’épreuve de programmes, une équipe de chercheurs autour de Cédric Fournet (Microsoft) et Khartik Barghavan (Inria) a notamment découvert des failles au sein du protocole https et révélé des mécanismes d’attaque de ce dernier.

 «Notre travail fondamental sur les méthodes formelles a ainsi ouvert la voie à nos chercheurs pour permettre de mieux sécuriser les protocoles Internet comme HTTPS. Un développement que nous n’avions pas anticipé au démarrage du projet. » affirme Laurent Massoulié, directeur du Centre de recherche commun Inria-Microsoft Research.

Car si l’innovation naît bien de l’imprévu, la sécurité des données ne peut souffrir l’inattendu. Alors que les réseaux sociaux collectent et traitent quantité d’informations personnelles, l’enjeu de la confidentialité des données revêt une importance nouvelle pour les chercheurs.
 

Réseaux sociaux et confidentialité : comment mieux protéger notre vie privée en ligne ?

Dans ce nouveau projet, Laurent Massoulié et son équipe s’intéressent plus particulièrement à l’accès à l’information via les réseaux sociaux, comme Twitter et Facebook. L’ambition de cette recherche : réussir à garantir l’accès à une information à la fois plus pertinente, plus personnalisée… et plus sûre.

Car les consommateurs et citoyens prennent de plus en plus conscience que la diffusion incontrôlée des informations par les appareils autour d’eux peut constituer une menace pour le respect de leur vie privée. Mais que faire des cas où cette collecte de données s’avère utile, comme lors de la localisation par GPS pour connaître en temps réel l’état du trafic ?

Catuscia Palamidessi (Inria) et son équipe conçoivent donc des modèles de divulgation partielle des données, dans lesquels celles-ci seront protégées et transmises soit sous forme cryptée, soit après distorsion délibérée par ajout de « bruit ». Outre ce travail de sécurisation, les chercheurs poursuivent aussi leurs efforts en termes de compréhension des réseaux.

La visualisation interactive de ces derniers, un domaine où le laboratoire de Microsoft Research de Redmond et l’AVIZ de l’Inria sont des leaders mondiaux, permet ainsi de révéler des interactions invisibles dans un déluge de données.
 

Apprentissage statistique et Big Data : comment donner du sens au déluge de données ?

Un milliard de milliards d’octets (1 exaoctet), soit un milliard de gigaoctets : c’est l’unité qui permet aujourd’hui de mesurer la quantité de données produites du fait de la généralisation des outils numériques. Et passer d’une profusion de données à de nouvelles connaissances par la création d’algorithmes spécifiques est l’étape indispensable pour créer ensuite des applications innovantes.

 

En analysant les symptômes de patients atteints du même mal, l’ordinateur peut par exemple se révéler capable de déceler automatiquement une maladie avec une marge d’erreur réduite. Mais pour ce faire, tout le défi consiste à avoir des machines suffisamment puissantes et des outils d’analyse à un coût de calcul acceptable, c’est-à-dire qui ne mettent pas trop longtemps à rendre leur verdict.

Depuis les années 1980, les chercheurs se mobilisent donc pour modéliser l’intelligence humaine sous formes de règles que les ordinateurs appliquent ensuite pour construire leur propre raisonnement. Dans un contexte de Big Data, trouver de nouvelles familles d’algorithmes s’avère capital pour automatiser l’ingénierie logicielle : un travail que l’équipe de Francis Bach mène conjointement avec le centre de recherche sur la vision numérique.
 

Vision numérique et imagerie médicale : donner du sens à l’image

Dans leur projet, Nicholas Ayache (Inria), Antonio Criminisi (Microsoft Research) et leurs collaborateurs appliquent les techniques d’apprentissage statistique au domaine de l’imagerie médicale. Des images IRM mettant en évidence des anomalies tumorales au niveau du cœur ou du cerveau sont ainsi analysées grâce à des techniques innovantes.

En s’inspirant des méthodes utilisées pour mettre au point le capteur de mouvements Kinect de la console Xbox, l’équipe cherche à automatiser la génération d’images synthétiques annotées, et les applications potentielles sont immenses : du diagnostic au traitement spécifique, en passant par la prévention et la quantification des effets d‘un médicament… Un pas de plus est franchi vers une médecine personnalisée et préventive. 

Mais rendre les machines capables d’analyses fines et détaillées dépasse le seul domaine médical et biologique : saisir des visages, des paysages ou des instants cruciaux dans des vidéos rendrait ainsi possible variété d’applications de recherche innovantes fondées sur l’exploitation des métadonnées.
 

Et si l’innovation naissait de la collaboration ?

Repousser les frontières de l’état de l’art de la recherche en informatique et inventer le futur du numérique, telle est la mission des chercheurs de l’Inria et de Microsoft Research. Depuis 2006, les travaux du centre de recherche commun ont conduit à de nombreuses contributions avec plus de 500 publications présentées dans les plus grandes conférences internationales et diffusées dans de nombreuses revues scientifiques. 23 thèses relatives aux travaux du centre ont été soutenues depuis 2007 et 18 supplémentaires le seront d’ici 2017… Aujourd’hui, le renouvellement du partenariat entre les deux institutions perpétue la même promesse : faire naître l’innovation de la collaboration.

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