Ne pas céder à la fascination technologique sans penser à l’éthique share
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Ne pas céder à la fascination technologique sans penser à l'éthique

28 octobre 2011

Le sujet de la santé du futur, avec les espoirs et les appréhensions que les connaissances suscitent, doit permettre l’ouverture d’un débat éthique dans le corps social. Ce débat, qui ne doit pas être de nature ou de style polémique, n’est pas la seule affaire de spécialistes « éthiciens ». Il se nourrit d’ailleurs, aujourd’hui déjà, de contributions sur le web.

Dans ce débat, je crois à quelques principes :

  • les consoles sur lesquelles passent et circulent des données personnelles de santé ne sont pas des consoles de jeux …
  • … pas plus que les hébergeurs ne sont des auberges ouvertes à tous vents ;
  • la protection des données personnelles des citoyens, et tout spécialement celles qui concernent leur état de santé, est une exigence fondamentale dans une société qui doit être respectueuse du droit des personnes ;
  • la formation initiale et continue des médecins doit rappeler cette exigence première : ne pas céder à la fascination technologique sans bénéfice de l’inventaire éthique de son application. Cette exigence n’est pas antagoniste du progrès, au contraire. Les libertés peuvent s’épanouir dans la société de l’information et de la communication, si les secrets des personnes sont protégés contre les intrusions et ne sont pas dispersés à l’encan.

Car les avancées, elles, sont déjà là : aujourd’hui, les applications des « mondes virtuels » peuvent prendre en charge et soigner des personnes qui sont – elles – bien réelles. Des systèmes experts et des robots aident au diagnostic médical et aux interventions du chirurgien … . Mais aucun système automatisé, ni un « robot agile », ne remplacera la relation humaine entre un médecin et une personne souffrante. Toute décision médicale doit se nourrir des connaissances scientifiques, techniques, technologique, pharmacologiques, etc., qui concrétisent la voie des possibles. Mais toute décision pratique doit être prise dans l’intérêt  singulier de la personne qui consulte, en fonction du pronostic naturel de la maladie et de la balance bénéfice /risque dans le cas individuel.
 

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