Négocier au mieux la transition numérique

10 juin 2014

RSLN : Le numérique infuse tous les secteurs de l’économie, générant un fort besoin en compétences nouvelles : 65% des étudiants d’aujourd’hui pratiqueront, une fois diplômés, des métiers qui n’ont même pas encore été inventés. Et dans le même temps (un horizon de 20 ans), 47% de nos emplois pourront être confiés à des machines, « obligeant » à repenser le travail humain vers plus de créativité. 
Entre chômage d’un côté et pénurie de talents de l’autre, quelles recompositions du monde professionnel et du marché du travail ? Quelles politiques publiques pour accompagner ces mutations ? Quelles opportunités nouvelles pour quels métiers demain ?

Marie Ekeland : Les exemples de La Tribune, Libération, Virgin ou La Redoute sont parlants : Internet redistribue les cartes dans les secteurs des médias, du voyage ou de la distribution. Mais la digitalisation va beaucoup plus loin et touche progressivement tous les secteurs de l’économie, du le domaine de la santé (lutte contre le vieillissement et les maladies associées), à celui de l’automobile (voiture connectée et projet de voiture sans conducteur !). C’est maintenant une évidence : notre économie est dans une phase de transformation majeure liée, en premier lieu, à la mutation numérique. 

Cette mutation a trois caractéristiques principales dont les acteurs économiques et politiques doivent absolument tenir compte afin de négocier au mieux ce virage.

– L’ouverture à la concurrence internationale : l’avantage local ne peut plus être sanctuarisé. Se penser international dès le démarrage est l’une des clés du succès. L’attractivité de notre pays auprès des entrepreneurs, des investisseurs et des talents doit se travailler également par comparaison aux autres pays.

– L’agilité : les premiers smartphones sont apparus il y a 7 ans seulement. Les cycles d’innovation se sont accélérés et il est aujourd’hui essentiel de reposer sur une organisation créative et agile, permettant de penser, concevoir et tester les produits sur le marché dans un cycle très resserré. 

– La culture du partage : le risque, mais aussi la valeur créée se partagent dans les startups entre tous les acteurs clés de l’entreprise : fondateurs, dirigeants, salariés comme investisseurs. D’après le baromètre EY/France Digitale dont le millésime 2013-2014 sera dévoilé ce mercredi 11 juin, lors du prochain France Digitale Day, les PDGs sont payés 2,7x le salaire moyen de leur startup en moyenne et 81% des startups ont donné accès au capital à leurs salariés. Ce modèle social est vertueux mais nécessite de revoir les modalités de l’actionnariat salarié, au travers d’une réforme des régimes des actions gratuites et des BSPCE

Ces trois dimensions clés de la révolution numérique doivent être intégrées à la fois par les entreprises établies souhaitant bénéficier des opportunités offertes par cette redistribution des cartes, les entrepreneurs se lançant dans une nouvelle aventure, les salariés construisant une carrière, et les politiques accompagnant cette transition numérique.

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