Non, apprendre ne fait pas mal !

28 octobre 2011
Le juriste français Alain Supiot rappelle dans son livre Critique du Droit du Travail l’une des définitions du mot «travail» : la mise au monde des enfants. Et l’association forte faite entre la douleur de l’enfantement et l’émerveillement que cela représente. Notre culture valorise l’idée que tout épanouissement, tout accomplissement et donc tout apprentissage est nécessairement un acte douloureux. Apprendre les tables de multiplication ou la conjugaison est resté un souvenir bien souvent pénible pour beaucoup d’entre nous.

 

Mais si tout cela était en train de changer ? La poussée des « serious game » en entreprise, et d’études on ne peut plus académiques sur les qualités émotionnelles et cognitives que nous mettons en œuvre lorsque nous jouons aux jeux video, tentent à démontrer que l’apprentissage dans la douleur n’est pas nécessairement la méthode la plus efficace.
 
 
D’abord, l’auteur Don Tapescott dans son livre Grown Up Digital montre combien les générations de l’internet ne sont plus disposées à accepter l’ennui d’apprendre. Cela doit être « fun » comme un jeu vidéo, ou ils « zappent » tout simplement.
 
 
Mais c’est sans doute la chercheuse et gameuse Jane Mc Gonigal qui nous ouvre la meilleure piste dans ses travaux sur l’impact du jeu vidéo pour changer le monde. Dans un fameux discours donné à la conférence TED, elle résume parfaitement sa pensée en montrant combien les qualités héroïques que nous développons pour résoudre les problèmes ultra complexes qui nous sont proposés dans les jeux vidéos pourraient permettre de résoudre l’ensemble des problématiques du monde. En « jouant » donc !
 
 
Car au fond, nous sommes tous des héros. Et l’apprentissage est un acte héroïque contre l’ignorance, qui est l’amie de la barbarie. Les nouvelles Lumières seront ludiques ou ne seront pas !
 

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