Nos trajets en métro, révélateurs de notre classe sociale ? share
back to to

Nos trajets en métro, révélateurs de notre classe sociale ?

24 février 2015

Affiner les politiques publiques en fonction des besoins des Pékinois : un véritable casse-tête pour les autorités chinoises, qui se penchent désormais sur l’exploitation des données de transport. Le principe ? Suivre de près l’utilisation des lignes de métro et bus pour cibler les zones urbaines les plus pauvres… Et leur consacrer des programmes sociaux adaptés. New Scientist analyse le phénomène.

10 fois plus étendue que le Grand Londres et forte de 21 millions d’habitants, Beijing donne du fil à retordre aux planeurs urbains. Afin d’avoir un aperçu des écarts de richesse au sein de la ville, à défaut de données précises en matière de salaires, une équipe de chercheurs du Beijing Institute of City Planning, dirigée par Ying Long, s’est penchée sur les données de transports de 8 millions de passagers. Collectées à partir des cartes à puce utilisées dans les lignes de métro, ces dernières donnent une idée précise de leurs trajets types.

En partant du principe que les passagers les plus pauvres seraient adeptes des longs trajets et de changements imprévisibles de trajectoires – associés à une domiciliation éloignée du centre-ville, au sein de zones moins attractives, et à un manque d’activité professionnelle – leur étude leur a permis de localiser les quartiers les plus démunis. Et devrait les aider à mieux cibler leur allocations de ressources et leurs programmes de logements à loyer modéré. 

Les résultats seront-ils à la hauteur de leurs efforts ? Anthony Townsend, chercheur au Rudin Center for Transportation à l’Université de New York, en doute et considère même que ces données pourraient être trompeuses. Si le fait d’analyser les données de transport est désormais monnaie courante – la municipalité de Boston devrait par exemple récolter les données des taxis Uber pour évaluer les trajets quotidiens de ses habitants – une telle interprétation semble néanmoins bancale. Mais constitue une exploration supplémentaire du potentiel des données en milieu urbain.

Plus d’informations avec l’article de New Scientist

Chaque semaine,
recevez les immanquables
par email