Notre patrimoine commun sur le Web : vers un domaine public numérique ? share
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Notre patrimoine commun sur le Web : vers un domaine public numérique ?

12 mars 2015

Internet aurait fait de nous des consommateurs avant d’être des citoyens, les progrès technologiques ne seraient pas accompagnés par suffisamment de vigilance éthique, nos institutions ne sauraient pas prendre le virage du numérique… : tels sont les constats, sévères, dressés par Jemima Kiss, chef du département des technologies du journal The Guardian, dans une tribune. Elle propose de développer un domaine public du web qui renouerait avec la vision originelle des créateurs du réseau des réseaux.

Internet promettait d’être une plateforme démocratique pour conduire le changement, pour plus d’égalité, de collaboration. A l’horizon, des start-up et des opportunités pour tous. Mais des auteurs comme Evgeny Morozov, Charles Leadbeater ou Andrew Keen dénoncent une dérive qui verrait cet espace se privatiser, mettre fin à nos vies privées et évoluer vers toujours plus de « mercantilisme ».

Pour Jemima Kiss, le salut viendrait… du secteur public : plutôt que de penser le réseau mondial comme un « centre commercial », nous devrions selon elle bâtir le « parc public de l’Internet ». Qui se matérialiserait par la mise en place d’institutions publiques dédiées au patrimoine numérique commun, une sorte de bibliothèque virtuelle de la culture.

Cet espace public numérique, qu’elle appelle de ses vœux, verrait les citoyens avoir le droit de réutiliser les biens culturels (œuvres d’art, archives, films, livres, photographies) pour un usage non commercial, sur le modèle de certaines licences Creative Commons. Au fond, Jemima Kiss s’inscrit dans la lignée d’une réflexion déjà engagée en France, elle dessine « l’Internet au service du bien public et du public ».

Pour plus d’informations, c’est par là.

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