L’innovation au New York Times : nouveau défi… le journalisme ! share
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L’innovation au New York Times : nouveau défi… le journalisme !

23 juin 2014

Dans son récent rapport interne, le New York Times (NYT) préconisait de s’inspirer des nouveaux « médias sociaux » et de leurs techniques de marketing. L’auteur et analyste Thomas Baekdal revient sur ce constat dans un billet de son blog : pour lui, c’est le journalisme que produit le New York Times qui pose problème, et non simplement sa façon de promouvoir ses articles en ligne. Explications avec Gigaom.

Marketing, certes, mais surtout production de contenu

Le journalisme dit « de qualité » est la pierre angulaire du NYT. Si cette valeur fondamentale est constamment évoquée dans le rapport interne sur l’innovation qui avait fuité en mai dernier, elle n’a pour autant pas été réellement questionnée, explique Thomas Baekel. Autrement dit, le rapport se cantonne à affirmer que le journalisme pratiqué au NYT est irréprochable et que le seul point faible du modèle éditorial du journal serait de ne pas avoir compris l’importance de l’écriture référencée ou de la nécessité d’engager une communauté de lecteurs. 

Pour Thomas Baekel, la question n’est pourtant pas de savoir quel modèle économique on construit pour demain, mais plutôt la manière dont on produit l’information aujourd’hui. En effet, la nouvelle vague de journalisme ne fait pas qu’intégrer les méthodes de social media marketing à son modèle : elle produit l’information d’une manière nouvelle. Elle se focalise autant voire davantage sur la forme des contenus plutôt que sur leur fond, gageant que pour l’essentiel de ses lecteurs, il s’agit avant tout d’avoir la bonne information dans un format lisible et structuré.  

La « qualité » serait ainsi aujourd’hui – en large part –  fonction de l’expérience utilisateur : adaptée au rythme de lecture du web, à la navigation sur mobile, etc. Selon Martin Nisenholtz, ancien responsable des opérations numériques pour le Times, il ne s’agit en fait pas de voir l’information en ligne comme un journalisme de qualité moindre :

« L’information en ligne est de grande qualité. Avec le phénomène de surinformation, les fournisseurs ne peuvent plus donner n’importe quoi à leurs lecteurs. L’information doit être intéressante, structurée pour un accès facile. Dans un monde de choix illimité, le lecteur est devenu roi. »

Aussi, assurer un journalisme « de qualité » impliquerait de savoir se renouveler dans ses formats pour satisfaire le lecteur. La concurrence la plus dangereuse ne vient pas du côté de celui ou celle qui produit mieux mais de celui qui produit « suffisamment bien » pour être lu, précise ainsi Thomas Baekdal. 

Pour en savoir plus, c’est ici dans l’article de Gigaom.

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