Ouvrir sa propre agence de notation grâce à l’open data ? share
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Ouvrir sa propre agence de notation grâce à l'open data ?

19 août 2013

Moody’s, Fitch et Standard and Poor n’ont qu’à bien se tenir : en marge de leur activité de notation financière des Etats et collectivités, une pratique d’évaluation plus ouverte et « amateur » pourrait bien se développer grâce aux Big data. C’est ce dont discutait Marc Joffe dans l’Open Knowledge Foundation blog. 

Dans l’impossibilité d’honorer ses dettes, la ville de Detroit se déclarait en faillite le 18 juillet dernier. Au même moment, Moody’s dégradait de trois points la note de Chicago. Les investisseurs ayant prêté à cette ville ont-ils à craindre de ne jamais revoir leur argent ? Dans un pays – les Etats-Unis – où les collectivités se financent sur les marchés à leurs risques et périls, leurs créanciers seront peut-être ravis de pouvoir évaluer eux-mêmes ce risque. 

Prenez les données du rapport financier annuel de la ville de Detroit, disponible sur la plateforme open data de la ville, et celles d’une ville que vous souhaitez évaluer. Glissez-les dans une application qui les comparera, les interprétera et calculera pour chaque ville la probabilité d’un défaut de paiement. Si les deux taux sont proches, alors le risque est grand que la seconde ville connaisse le même destin que la première et ne puisse honorer ses créanciers. C’est en tout cas le raisonnement fait par Marc Joffre, qui a mis au point un calculateur de risque financier pour les villes californiennes basé sur ces Big data. Notant que le risque d’impayé de Chicago (1,77%) reste loin en-deçà de celui de Detroit (3,34%), le chercheur souligne qu’il reste supérieur à celui de villes comme Stockton qui ont fait faillite en 2012.

Alors que depuis la crise de 2008, la fiabilité et l’indépendance des agences de notation posent question, la publication des rapports financiers des collectivités dans des formats ouverts sur des plateformes open data laisse imaginer que le risque de défaut de paiement pourra à l’avenir être mesuré et contrôlé directement par les intéressés. Pour le meilleur ou pour le pire ? La question reste ouverte. En attendant, que l’on se rassure : en France, une ville ne peut pas faire faillite. 

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