Paroles d’un militant du numérique déprimé share
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Paroles d'un militant du numérique déprimé

2 août 2012

Le militant du numérique que je suis est peut-être déprimé, mais mis à part le secteur lui-même, qui demande une « politique pour le numérique » ? Entre un secteur qui n’a pas de capacité de lobby et le consensus aussi parfait que creux qui le désigne, le numérique ne forme pas d’espérance de progrès véritable et laisse alors le champ libre aux peurs et réactions de toutes sortes, ou aux tentations d’être vu comme une vache à lait.

Ce que l’on devrait attendre de l’Etat, c’est une vraie appropriation non pas du numérique, mais des modèles de rupture qu’il transporte. L’expérience CNN a montré la limite qu’il y a à enfermer le numérique dans une boîte.

Je ne sais pas ce que c’est une « politique pour le numérique », mais je sais très bien quel est l’unique enjeu de la modernité : celui de l’embrasser !

Avec l’Open data et l’impulsion Etalab, l’Etat a l’opportunité de faire de l’innovation une politique générale, et de se doter d’une véritable agence-laboratoire au plus haut sommet de l’Etat, avec une forte compétence d’observation pour éclairer une France que le numérique change déjà et qui n’attend que d’en prendre conscience. Une agence organisée en réseau avec les territoires et connectée à la société.

C’est un doux rêve, alors soyons plus modeste sur les trois points qu’adresse une « politique numérique » :

  1. Sur l’aménagement du territoire : décentraliser sur les régions qui se sont déjà largement approprié le sujet
  2. La « politique industrielle », avec la question du statut des JEI et du Crédit Impôt Recherche, notamment. Finissons-en avec les velléités de taxes.
  3. La réforme de l’Etat, où s’appliquera la formule bien connue qui est « charité bien ordonnée commence par soi-même… »

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