Peut-on vraiment être dépendant au Web ?

13 janvier 2012

Des chercheurs chinois ont observé des différences dans les cerveaux de personnes « accrocs à Internet » semblables à celles constatées chez les personnes accrocs à d’autres substances. Peut-on pour autant être dépendant à Internet ?

Selon eux, l’addiction au web semble partager des points communs avec l’addiction à la cocaïne ou à l’alcool.

Des chercheurs chinois ont observé des différences dans les cerveaux de personnes « accrocs à Internet » semblables à celles constatées chez les personnes accrocs à d’autres substances. Mais peut-on pour autant être dépendant à Internet ?

C’est la question à laquelle Poly Curtis, journaliste au Guardian, a voulu répondre. Elle s’est d’abord tournée vers les référents en matière de dépendance, pour savoir si on pouvait vraiment être dépendant à Internet.

Or, l’association américaine pour la psychiatrie réfléchit à l’idée que la consommation excessive d’Internet soit une addiction, qui n’est donc pas incluse dans son manuel statistique des désordres mentaux. Seule l’addiction aux jeux sur Internet serait présente dans le manuel à venir, ce qui est tout à fait différent.

La journaliste du Guardian s’interroge ensuite sur la qualité de l’étude : comment tirer des conclusions, quand l’étude repose sur un nombre plus que restreint de sujets : 35 jeunes Chinois.

Poly a interviewé Collin Drummond, professeur en Psychiatrie de l’addiction au Kings College de Londres. Il montre que la consommation excessive d’Internet n’est pas une maladie, mais implique plutôt une modification du fonctionnement du cerveau.

« L’addiction à Internet n’est pas une maladie mentale. Il est intéressant de voir que les personnes qui utilisent Internet de façon excessive semblent avoir des structurations différentes du cerveau […] La grande question est plutôt de savoir si ce fait est une cause ou un effet de l’addiction à Internet, » souligne Collin Drummond.

Drummond explique qu’il est plus intéressant de se demander si la consommation excessive d’Internet n’est pas un symptôme d’une dépendance plus générique. Les structures cérébrales des jeunes Chinois sont en effet similaires à celles de personnes souffrant de problèmes d’impulsivité.

Les secrets de la dépendance n’ont pas encore tous été mis à jour. L’addiction repose sur des mécanismes complexes qui sont étudiés par de nombreux spécialistes. Une donnée à ne pas mettre de côté lorsque l’on décide de s’attaquer au sujet.

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