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Plongée dans les réseaux sociaux du Dark web

10 octobre 2014

Le « Dark Web », connu pour accueillir des sites anonymes et chiffrés ne se limite pas aux sites illégaux et aux activités taboues : il abrite également des réseaux sociaux. Rob Gehl du blog Culturedigitally.org retrace leur apparition dans cet espace méconnu du grand public.

Quand on dit « Dark Web », on pense immédiatement au trafic de drogue ou d’armes, à la possibilité d’engager des tueurs à gage ou à la pédopornographie, accessibles via des sites internet aux url bizarres. Cet espace souterrain de sites anonymes et chiffrés abrite également des réseaux sociaux, nommés Dark Web Social Network (DWSN) : des sites cachés en .onion qui ne sont accessibles que via le réseau Tor.

Rob Gehl a mené une enquête basée sur des entretiens avec les administrateurs des sites, des membres de ces réseaux sociaux et de l’observation participante. Il explique que les DWSN ressemblent à bien des égards aux réseaux sociaux accessibles au grand public : création d’un profil, possibilité de poster des messages ou des informations et de partager des médias, constitution d’une communauté d’amis… Mais ils présentent aussi des attributs et des contraintes qui leur sont propres.

C’est d’abord un système centralisé dont les administrateurs, détenant le code de base et les données, structurent le site selon leur bon vouloir en privilégiant certaines actions au détriment des autres. Jusqu’ici, cette organisation n’est qu’un « miroir du pouvoir centralisé de Facebook », estime l’auteur. Mais alors que les réseaux sociaux grand public utilisent ce pouvoir à des fins commerciales – par exemple, pour maximiser la monétisation des données personnelles, Rob Gehl note que les administrateurs du DWSN consacrent plutôt leur pouvoir à créer et préserver la contre-culture du Dark Web. Ils encouragent leurs utilisateurs à profiter de la liberté de cet espace pour parler de sujets tabous ou prohibés, et s’assurent que rien de ce qui s’échange sur leur site ne fuite dans les médias.

Enfin les DWSN font de l’anonymat leur élément central, à contre-courant de l’obsession des réseaux sociaux « grand public » pour l’identité réelle des utilisateurs. Ils deviennent des lieux de débats sur le « Dark Web », ses règles et ses activités. Le principal débat, selon Rob Gehl ? Le bras de fer entre ceux qui défendent l’idée que le Dark Web doit disposer de sa propre « police » pour contenir les activités illégales (et ainsi garder son indépendance ?), et les partisans de la non-réglementation absolue de cet espace au nom de la liberté d’expression.

Pour en savoir plus, cliquez ici (en anglais).

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