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Pour cette artiste, la perte de mémoire est comme un bug informatique

7 novembre 2013

Le mur de Berlin était un bug, un fichier corrompu dans la matrice du Monde. C’est ce que semble avoir voulu dire Diane Meyer, artiste qui fait tomber le web dans la photographie argentique en cousant de gros pixels colorés sur le papier glacé.  

« La couture, qui est douce et familiale, offre un contraste saisissant au béton du mur et son symbolisme », a-t-elle expliqué à Mashable.

Une laine épaisse pour adoucir et emmitoufler les erreurs, les duretés de l’Histoire – de celles qu’on aimerait bien oublier. Ce faisant, Diane Meyer ne se contente pas de rendre tangible et palpable un média – la photo – que l’on ne consulte presque plus que sur écran. En convoquant l’imaginaire visuel de la génération web – avec le procédé du glitch dont on vous parlait ici – elle s’en prend à l’incroyable aplatissement du temps, de l’espace et de la gravité du monde, lorsqu’on l’appréhende à travers la Toile.
 

 


La disparition du monde réel,
c’est aussi la critique que tenait Jean Baudrillard en observant la prolifération de la photo argentique, dès le début des années 1980. Gageons que Diane Meyer fait la même observation, renouvelée, actualisée et amplifiée de mille milliards de Gifs et autres images en ligne… car en assimilant l’oubli à la corruption de fichier numérique, n’est-ce pas tout autant la mémoire – sa perte – et le brouillage des sensations du réel qu’elle interroge ?
 

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