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Pour la première fois, un ordinateur réussit à se faire passer pour un humain

9 juin 2014

Et si les machines pouvaient penser ? Cette éternelle question de l’intelligence artificielle aurait trouvé sa réponse le samedi 7 juin : un ordinateur a réussi à se faire passer pour un humain. Une véritable première que nous relaient The Independant et Slate.

Un programme réalisé par une équipe d’informaticiens russes a réussi à passer le fameux test du mathématicien Alan Turing en se faisant passer pour un certain Eugène Goostman, un garçon âgé de 13 ans. C’est dans le cadre d’un concours organisé par l’Université anglaise de Reading que cinq programmes étaient mis en compétition pour duper tout un jury. L’objectif était d’évaluer la capacité à « penser » et à s’exprimer d’une machine.

Le principe du test : si par un échange de textes de 5 minutes, 30% des interlocuteurs humains ne décèlent pas qu’ils ont affaire à une intelligence artificielle, l’automate a réussi. Selon Turing, l’acquisition du langage et du « bon sens » étaient en effet les deux éléments de l’intelligence humaine essentiels que la machine devait imiter. 

Résultat ? Le robot Eugène a obtenu 33%, soit « une étape historique dans l’univers de l’intelligence artificielle », précise un communiqué de l’Université de Reading.

Le programme Eugène devrait vite raviver les vieux rêves des roboticiens. Dans son film 2001, l’Odyssée de l’espace, Stanley Kubrick avait imaginé HALL 9000 – une intelligence artificielle capable d’avoir une véritable conscience de lui-même. Un défi qui n’a jamais semblé aussi proche !

Des limites cependant …

Plusieurs programmes imitant les conversations humaines auraient déjà passé le test, nuance Techdirt en réaction à l’article de The Intependant. Un des plus connus s’avère être CleverBot, qui aurait passé le test de Turing en convainquant 59% du jury. 

Le Daily Telegraph pointe quant à lui certains biais qui nous amènent à relativiser la portée des exploits d’Eugène : le programme n’était pas censé être anglophone – une façon donc de tromper plus facilement le jury.  Par ailleurs, le robot était présenté comme un garçon de 13 ans, la conversation était donc forcément un peu plus simple et on pouvait s’attendre à une certaine indulgence des jurés… Enfin, la transcription de la conversation n’est pas encore accessible. 

Pour en savoir plus, c’est ici avec The Independant (en anglais) ou avec Slate (en français).

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