Pour que l’Europe mette les femmes à l’Agenda numérique share
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Pour que l'Europe mette les femmes à l'Agenda numérique

5 mars 2014

La participation active des femmes dans le secteur des nouvelles technologies est essentielle pour la croissance à long-terme et la viabilité économique de l’Europe. L’étude intitulée « Women Active in the ICT Sector » et présentée par la commission européenne en 2013 révèle qu’une meilleure intégration des femmes dans le secteur numérique en Europe pourrait apporter au PIB européen pas moins de 9 milliards d’euros par an.

Pourquoi est-ce encore un problème et que nous manque-t-il pour initier des changements ?

Selon moi, la raison pour laquelle il existe encore un fossé vers une totale intégration des femmes dans le numérique est le manque d’alignement des pays européens pour un plan d’action concernant le « genre » dans l’Agenda numérique.

Le Centre Européen pour les Femmes et les Technologies (Centre for Women and Technology – ECWT), est une communauté à but non lucratif née pendant la crise financière. En dépit de quelques années difficiles, entre 2009 et 2013, l’ECWT a réussi à attirer plus de 130 acteurs clés issus des secteurs publics et privés, d’académies et d’ONG. Nous avons aussi ouvert des plateformes nationales pluripartites (des Points de contact nationaux) pour rassembler nos forces et mettre en oeuvre des actions concrètes conformes avec les recommandations de la Commission Européenne à savoir : renouveler l’image du secteur, valoriser les femmes, augmenter le nombre de femmes entrepreneures, et enfin, améliorer les conditions de travail dans le numérique.

L’Europe a toutefois encore besoin d’une masse critique plus forte et alignée sur des principes. Aux Etats-Unis, plus de 500 entreprises, institutions académiques, agences gouvernementales et associations de taille travaillent ensemble au sein du National Center for Women and Information Technology (NCWIT), pour augmenter la participation des femmes dans les technologies, dans l’informatique et pour soutenir des « innovations genrées ».

En Europe, pour que l’ECWT remplisse son rôle de point de contact et de hub capable d’impacter la mesure des femmes dans l’Agenda numérique, davantage d’entreprises du secteur doivent prêter un soutien substantiel à l’organisation. Aussi, toutes les directions générales de la Commission Européenne doivent faire front commun dans le programme de recherche et d’innovation, Horizon 2020.

Aujourd’hui, plusieurs entreprises ouvrent la voie. Certaines s’investissent dans des actions au niveau national, puisque ces dernières années, elles ont remarqué que la diversité avait des effets positifs dans le processus d’innovation, et qu’un équilibre culturel et de genre améliorent leurs résultats. Plusieurs entreprises constatent des rentabilités de capitaux propres supérieures de 35% aux autres entreprises, et des bénéfices avant intérêt et impôts (EBIT) de 14% supérieurs.

Nous avons toutefois un long chemin à parcourir ! Il est essentiel que les talents féminins soient intégrés dans le processus de développement de nouveaux produits. Le pré-requis le plus important pour l’industrie du logiciel est d’adopter un état d’esprit organisationnel qui prenne en compte les femmes afin d’enrailler le dangereux cercle vicieux en place dans l’éducation informatique et du design. L’objectif étant que : plus de femmes étudient et travaillent l’informatique, que plus de femmes conçoivent des systèmes d’exploitation, que ces derniers soient produits en conjuguant les talents des femmes et des hommes, et qu’enfin, les ordinateurs et les applications apparaissent comme des éléments cools pour les utilisateurs et les utilisatrices !

Que tout le monde soit le bienvenu à rejoindre une Europe plus créative avec plus d’emplois dans le numérique pour les garçons comme pour les filles.

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