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« Pour un parlement de chercheurs adapté au contexte numérique »

17 janvier 2013

La pénétration des technologies numériques concerne le système académique dans sa totalité. Le numérique, qui bouleverse l’ensemble des disciplines, tout comme il affecte les existences en totalité, n’est pas un simple moyen de transmission, et il faut donc que la question épistémologique de savoir ce qu’il change aux savoirs sous toutes leurs formes soit mise au cœur des orientations à venir de la recherche universitaire et scientifique aussi bien que d’une nouvelle conception pédagogique qui doit cependant se fonder sur la problématique épistémologique – et non l’inverse.

Par ailleurs, la toxicité des médias électroniques, au moins dans les niveaux élémentaires, fait à présent amplement débat : elle ne peut être ignorée ni des pouvoirs publics, ni des acteurs industriels, et elle doit faire l’objet de recherches approfondies.

Enfin, il n’est pas possible d’attendre les résultats de tels programmes pour intégrer dans le monde scolaire les pratiques sociales déjà très implantées. Mais il faut les accompagner de démarches scientifiques transdisciplinaires en mettant en œuvre des méthodes de recherche action actualisées dans le contexte numérique, ce qui devrait conduire à des programmes de recherche  que nous dirons contributifs.

Une telle initiative, parfaitement réalisable à brève échéance au niveau national, devrait être également portée au niveau européen. Pourquoi ne pas lancer dès à présent 500 thèses dans toutes les disciplines sur l’impact du numérique, et faire en sorte que ces travaux irriguent en temps réel – et selon le modèle contributif – le monde académique dans son ensemble ?

Imaginons que l’Europe lance de son côté également 500 thèses semblables. Et imaginons encore que le groupe Digital Studies (digital-studies.org) – que l’IRI a constitué au mois de décembre dernier avec une trentaine de personnalités du monde entier – parvienne à convaincre la communauté internationale d’en faire autant.

Alors un parlement de 1500 jeunes chercheurs et directeurs de recherche les accompagnant, soit autant d’universitaires, serait constitué, qui s’enrichirait chaque année d’autant de nouveaux chercheurs, ce qui ferait au bout de quatre ans un volant de plus de 5000 doctorants et de milliers directeurs de recherche du monde entier.

On pourrait à travers une telle démarche relancer en France et en Europe une industrie éditoriale moribonde par un bond en avant dans l’innovation et la reconstitution d’éditions académiques de qualité issues non plus de la seule imprimerie, mais aussi de l’écriture numérique – ce qui devrait bénéficier à l’industrie numérique européenne.

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