Données personnelles : la méfiance grimpe partout dans le monde… mais peu en France share
back to to

Données personnelles : la méfiance grimpe partout dans le monde... mais peu en France

1 décembre 2014

Alors que les problématiques de surveillance des données personnelles sont plus que jamais au cœur de l’actualité, une étude Ipsos dévoilée le 1er décembre et menée dans 24 pays révèle un regain d’intérêt pour la sécurisation de la vie en ligne… 64% des interrogés se disent plus soucieux à ce sujet qu’en 2013.

Première source d’inquiétude, pour 78% des interrogés : le piratage des comptes bancaires personnels. Elle est suivie de près par la crainte d’un piratage des comptes d’utilisateurs en ligne (77%) et de la surveillance par une entreprise privée de leurs activités, préalable à la revente d’informations personnelles à des fins commerciales (74%).

 

Part des interrogés concernés par la protection de leurs données personnelles, par pays.

 

72% des interrogés s’inquiètent pour leur gouvernement

Une grande majorité de sondés se préoccupe du sort des institutions et gouvernements nationaux et craint que ceux-ci ne soient la cible de cyber-attaques. Parallèlement, ces mêmes sondés sont 61% à se méfier de la surveillance exercée par les autorités gouvernementales à leur encontre. Une crainte qui n’est pas sans lien avec les révélations d’Edward Snowden, dont 60% des interrogés ont eu vent, et qui semble justifiée à l’heure où Amnesty International a lancé un logiciel pour s’en prévaloir.

En réaction, les sondés indiquent modifier leur comportement en ligne par de nouvelles habitudes aux conséquences terribles pour l’industrie numérique : éviter certains sites et applications (43%), modifier régulièrement leur mot de passe (39%), s’auto-censurer en ligne (28%)… voire, pour les plus radicaux d’entre eux, limiter leur utilisation d’Internet (10%).

Un contexte général qui appelle à une réflexion sur la gouvernance d’Internet à l’échelle mondiale, nécessité à laquelle 57% voient répondre un modèle multilatéral, composé non seulement d’experts et d’institutions internationales mais également de citoyens, pour une gouvernance plus large et plus globale. 

Cette inquiétude sera-t-elle entendue par l’Europe et les autorités nationales de protection des données ? Elle était en tout cas au coeur des débats du European Data Governance Forum organisé par la CNIL et ses homologues européens à l’UNESCO, ce lundi 8 décembre. « On parle de 180 milliards de dollars perdus pour les prestataires du cloud à cause de cette méfiance », rappelait par exemple Paul Nemitz, directeur droits fondamentaux et citoyenneté à la DG Justice de la Commission européenne. Et les participants de dérouler leurs préconisations pour réguler le monde des données à l’après-Snowden, à la recherche d’un délicat équilibre entre protection des intérêts des citoyens et sauvegarde de la compétitivité, synonyme de croissance et d’emploi.

Des Français pas si inquiets concernant leurs libertés sur Internet

Les Français s’avèrent moins inquiets que la moyenne au sujet de la censure du gouvernement sur Internet, et sont seulement 15% à envisager qu’il puisse exercer une censure sur le web, contre 34% en moyenne.

Ils sont néanmoins seulement 37% à considérer que les autorités gouvernementales s’assurent efficacement qu’Internet soit sûr et sécurisé, contre 48% en moyenne.

 

Part des interrogés concernés par la censure exercée par les gouvernements sur Internet. 

Plus d’informations avec l’enquête Ipsos pour le CGI. 

Chaque semaine,
recevez les immanquables
par email