Pseudonyme, espace ultime de liberté

28 février 2012

À l’instar de la société civile, la nomination est une pratique sociale que l’on retrouve sur le web. Formant l’identité numérique de l’usager, elle se décline sous la forme d’un pseudonyme. La création de ce dernier est réalisée à partir de données prises, entre autres, dans la vie privée du sujet (cf mes travaux de 2006).

Cependant, certains pseudonymes deviennent des espaces discursifs au sein desquels les internautes revendiquent des prises de position, émettent des opinions ou expriment leurs émotions. Ainsi, sur un site nationaliste de la province du Québec (Canada), dédié à son indépendance, nous pouvons noter qu’un certain nombre de pseudonymes sont de l’ordre du surinvestissement identitaire : Patriote du Québec Libre, Souverainiste, renvoient à l’histoire révolutionnaire : Che ou Bolchevik ou synthétisent des opinions : Deicidus, Béni Oui Oui. Le pseudonyme peut aussi être vecteur émotionnel. Sur un forum dédié à la santé, certains internautes ont exprimé leur souffrance avec des pseudonymes comme : joyeuxcalvaire, mon-mal-de-vivre.

Marqueur identitaire à la base : il s’agit d’un anthroponyme, le pseudonyme, à l’image du masque, a vocation plurielle. Cet anthroponyme ne deviendrait-il pas alors un espace ultime de liberté qui synthétiserait dans son contenu ce qui ne peut être exprimé ailleurs ?

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