Quand des logiciels corrigeront nos exams

11 juin 2012

Remplacer les correcteurs des examens par des logiciels qui notent les copies, c’est possible ? Il faut croire que oui, à lire cet article du New York Times qui raconte une expérience réussie en la matière. Les programmes de correction automatique du style et du niveau de langue se perfectionnant, une machine serait maintenant capable de noter une rédaction avec le même niveau de pertinence qu’un humain. Plus exactement, l’expérimentation menée par la Hewlett foundation a montré que les copies notées deux fois – l’une par un humain, l’autre par l’un de ces programmes – obtenaient sensiblement la même note.  

Pourquoi aurait-on besoin de remplacer les correcteurs ? Pour comprendre, il faut replacer le débat dans son contexte américain : de plus en plus d’Etats des Etats-Unis rechignent à supporter certains des coûts les plus lourds de l’éducation – et notamment, l’emploi d’une armée de correcteurs à l’occasion des examens de fin d’année. En permettant de réaliser des économies considérables, automatiser certaines corrections pourrait être, pour eux, un moyen de continuer à soutenir, sans faiblir, ce service public. 
 

> « Au secours, le professeur est un robot…? »

Faut-il s’inquiéter de cette nouvelle irruption de la machine dans l’univers des compétences humaines ? « Non », répond l’auteur de l’article. Tout d’abord, le logiciel ne remplacerait, au mieux, qu’un seul des deux correcteurs nécessaires pour toute bonne évaluation.

Ensuite, les logiciels ne sont capables d’évaluer que le niveau de langue, et non le contenu des rédactions : ce travail reste l’apanage des humains. Autrement dit, il s’agit plus de s’assurer des compétences en rédaction d’un collégien, que d’apprécier à sa juste valeur l’art de la métaphore chez un étudiant du second degré.

Confier les corrections de style à la machine permettrait aux examinateurs de se concentrer sur les compétences « de plus haut niveau », selon l’article. Et pour les élèves, cela permettrait de multiplier les occasions d’être évalués, ou de s’auto-évaluer sur leur style, pour les aider à s’améliorer. A condition, cependant, que le prix de ces logiciels baisse suffisamment pour être intégrés dans les ordinateurs grand public. Affaire à suivre, donc.

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