Quand Facebook sert à prédire une rupture

5 novembre 2013

“Un couple ou une relation romantique est un pont entre les différents mondes sociaux d’une personne”.

C’est ce que nous explique Jon Kleinberg, chercheur à l’Université Cornell, dans un article du The New York Times. Avec Lars Backstrom, un ingénieur chez Facebook, il a généré un algorithme qui permet de prédire l’évolution de nos relations amoureuses… Et spécifiquement l’étape de la rupture. Et si Facebook était le moyen d’anticiper les séparations ? Explications.

Carnet de mémoire sur nos vies, empilement de nos intérêts, œuvre autobiographie ou testimoniale, le réseau social reflète une part de plus en plus importante de nos vies relationnelles. Dans le langage informatique, elles sont traduites en noeuds (sommets dans un réseau) et liens (arêtes) de relations selon la théorie des graphes. Pour faire sens et offrir une interprétation juste de nos données collectées, l’analyse de ces traces numériques (nos informations personnelles) nécessite de trouver un angle bien précis. C’est ce que semblent avoir trouvé ces deux scientifiques avec leur étude.

Leur point d’entrée : l’analyse de la quantité d’amis mutuels que partagent deux personnes.

Ils ont ainsi observé une corrélation nette entre la quantité des liens sociaux (souvent fonction de leur statut dans la vie réelle) et la force de cette relation. L’étude passe par la mesure du réseau entier des cercles d’amis afin de fournir un véritable indicateur. C’est en fonction du nombre total d’amis communs au couple qu’ils sont capables de suivre le devenir d’une relation amoureuse. Ils appellent cette technique la dispersion.

Les couples avec une forte dispersion ont des amis mutuels qui ne sont pas bien connectés. Les couples avec une faible dispersion ont des amis mutuels qui sont bien connectés.

Pour calculer la magnitude de la dispersion, les scientifiques regardent les chevauchements des amis communs au couple. Si vous et votre partenaire partagez le même cercle social sur Facebook (qui équivaut à une faible dispersion), vous êtes moins susceptibles d’avoir votre propre vie et donc la relation est plus susceptible d’imploser.

Pour une meilleure visualisation, du réseau de voisinage d’une personne sur Facebook l’étude fournit une représentation graphique très parlante. 

Basée sur l’ensemble des données de Facebook, cette méthodologie est impressionnante en termes de connexions sociales analysées : environ 379 millions de nœuds et 8.6 milliards de liens.

L’échantillon représente  1.3 million d’utilisateurs. Les utilisateurs restent anonymes et ont été sélectionnés au hasard avec pour critères principaux : personne âgée d’au moins 20 ans, ayant entre 50 à 2000 amis et ayant indiqué la mention « en couple » ou avec un partenaire sur leur profil.

Pour en savoir plus sur la manière dont Facebook ouvre la voie à la prédictibilité de nos statistiques amoureuses, c’est ici.
 

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