Quand la recherche numérique joue avec nos visages share
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Quand la recherche numérique joue avec nos visages

30 septembre 2013

La modélisation du visage par ordinateur n’en finit plus de nous surprendre. Paraître dix ou vingt ans de plus ou de moins, voir à quoi on ressemblerait si nous étions nés du sexe opposé, ou transposer notre visage dans une ethnie différente : tout semble possible sur FaceResearch, site web élaboré par des psychologues expérimentaux de l’Université de Glasgow. En synthétisant sur ce site les traits de centaines de visages féminins, un internaute, Collin Spears propose même une galerie de portraits représentant le « visage de la femme moyenne » de chaque pays du monde. 

Si comme l’explique Terra Femina, ce travail est sans doute plus artistique que scientifique, le résultat est assez saisissant, comme vous pouvez le voir sur l’image en bas de cette page. En vous rendant sur le site de FaceResearch, vous pourrez tester vous-même cette technique de synthétisation de visages – y compris en téléchargeant votre propre photo. 

Récemment, on a pu admirer un autre travail remarquable sur le visage : en photographiant des membres de sa famille, Anthony Cerniello a pu modéliser les traits d’une femme, de sa petite enfance au quatrième âge et nous en offre un timelapse fascinant.

« J’ai essayé de créer une personne dans le but d’imiter le processus de vieillissement, explique l’artiste sur sa page Vimeo. L’idée était que quelque chose se passe, vous ne pouvez pas le voir, mais vous pouvez le sentir… comme le vieillissement lui-même ».

Dans sa philosophie, Emmanuel Levinas a sanctuarisé le visage, ce « miroir de l’âme » jamais totalement saisissable. Avec les technologies numériques, il retrouve un peu de sa plasticité pour devenir un objet presque neutre. Mais sera-t-il un jour parfaitement accessible, disséquable par la science et modélisable par la technique ? Rien n’est moins sûr… car tout saisissants qu’ils soient, ces exemples peinent à nous faire ressentir l’être singulier qui habite chaque visage. En revanche, ils ne passent jamais loin de la fameuse « Vallée de l’Etrange » – cette réaction instinctive de rejet face à des robots humanoïdes, hyper réalistes mais imparfaits, qu’étudient également les psychologues.


Les visages de FaceResearch :

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