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Quand les journalistes et les robots travaillent main dans la main

12 mai 2014

Si certains craignent que les robots ne remplacent les journalistes pour la rédaction d’articles, le Contrechamp de Médias le magazine daté du 11 mai dernier offre à voir un autre tableau : loin de remplacer les humains, les machines peuvent travailler de pair avec eux et promettent aux médias innovation, productivité et fiabilité des sources.

Il y a quelques semaines, le Los Angeles Time  publiait un article concernant un tremblement terre à peine trois minutes après que celui-ci n’ait eu lieu. Premier sur l’information, nous nous demandions alors si les algorithmes auraient la peau des journalistes. S’ils ne sont pas encore une alternative fiable, ils offrent toutefois de nouvelles perspectives à la profession.

Le robot, un œil sur les moindres détails

En s’appuyant sur les analyses effectuées par un robot, la société britannique Opta enregistre la moindre donnée concernant un match de football et fournit une mine d’informations pour les médias du monde entier. Daniel, qui travaille dans l’entreprise, explique :

« Dès qu’un joueur touche la balle, je le rentre dans l’ordinateur, le logiciel enregistre ça sous forme de tableau, compile toutes les phases de jeu, les différentes manières de faire une passe, qu’elle soit pied, de la tête ou un drible. »

Le jeu est donc entièrement traduit en données et ce ne sont pas moins de 2000 actions qui sont enregistrées à chaque match. Une fois analysées par un robot, elles sont transformées en phrase pour communiquer de manière factuelle et précise les résultats du match. Outre la rapidité de l’information, le robot se révèle très utile pour ne rien manquer du match. David Wall, rédacteur en chef d’Opta raconte :

« Si on n’a pas vu quel joueur a donné le ballon avant la frappe ou quel joueur a commis la faute parce qu’on n’est pas sûr ou parce qu’on est dans le live, ça nous permet de revenir en arrière et de voir quel joueur était impliqué et à quel moment. »

Frédéric Waringuez, Rédacteur en chef adjoint de l’équipe.fr précise :

« De cette manière le journaliste a toutes les informations sous la main, […] il n’a pas à aller les chercher et à faire des recoupages sur Internet avec des sources plus ou moins fiables. Là, on sait qu’on a des données à disposition immédiatement. »

Les robots connaissent mieux les lecteurs

Les expériences avec les machines se multiplient et les robots peuvent même permettre aux internautes de disposer d’un journal à la carte, généré en fonction de leurs intérêts et des articles les plus commentés et partagés. En témoigne l’expérience menée par le quotidien anglais The Guardian. Pour autant, Jemima Kiss, responsable du service technologie l’affirme : les algorithmes viennent en renfort des rédactions mais ne se substituent pas le travail d’un professionnel :

« Je pense que la machine ne va pas remplacer le rédacteur en chef, notre programme montre simplement qu’on peut utiliser les ordinateurs pour améliorer l’éditorialisation, parce que le robot va chercher ce que les lecteurs apprécient vraiment pour fabriquer le journal. »

Si les robots s’imposent donc des alliés de poids aujourd’hui, peuvent-ils pour autant enquêter ? Pour le savoir, retrouvez le Contrechamp de Médias le magazine ici.

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