Quand les réseaux sociaux pilotent l’action humanitaire share
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Quand les réseaux sociaux pilotent l'action humanitaire

20 février 2013

À la suite d’une catastrophe majeure, il est difficile pour les travailleurs humanitaires de savoir ce qui se passe sur le terrain et de diriger les ressources là où elles sont le plus nécessaires, déplore Fast Co.Exist. L’exemple de l’ouragan Sandy a montré l’utilité des réseaux sociaux dans ces moments difficiles. En analysant les tweets et les statuts Facebook, on peut dégager des tendances qui guideraient l’action : où les gens sont-ils pris au piège ? Dans quels secteurs y a-t-il des pénuries d’eau ?

Le plus difficile reste d’analyser tous ces signes et ces appels à l’aide, en particulier lorsqu’ils sont rédigés dans une langue étrangère. Et si, pour cela, on faisait appel aux crowd workers, ces micro-travailleurs du web rémunérés à la tâche ? C’est l’idée de Patrick Meier, directeur de l’innovation sociale au Qatar Computing Research Institute et membre du Digital Humanitarian Network (DHN).

Après le typhon Pablo qui a dévasté les Philippines en décembre dernier, DHN a identifié 20 000 tweets pertinents, puis les a livrés à CrowdFlower, une plateforme américaine de micro travail. Celle-ci a réuni des volontaires pour une première évaluation, en leur confiant la mission suivante : sélectionner parmi les mini-messages ceux qui étaient géolocalisés ou qui contenaient des liens, des photos ou vidéos qui pouvaient aider à retrouver leur expéditeur.

Les 100 tweets ainsi sélectionnés ont ensuite été remis à l’Office des Nations Unies pour la Coordination des Affaires Humanitaires (OCHA), qui en a fait une carte montrant les maisons et les ponts endommagés, les zones d’inondations, etc.

Pour Patrick Meier, l’intervention des crowd workers a été déterminante :

« L’ensemble du projet a été réalisée en moins de 20 heures après la demande d’OCHA. Cela n’aurait pas été possible sans l’utilisation de CrowdFlower ».

Se coordonner avec les travailleurs humanitaires

CrowdFlower est également intervenu à la suite des tremblements de terre au Pakistan et en Haïti. Après ce dernier, en 2010, les bénévoles ont mis en place un numéro de téléphone mobile, le 4636, auquel chacun pouvait envoyer des SMS d’information. Le résultat ? Des milliers de messages en créole, une langue que la plupart des travailleurs humanitaires ne comprennent pas. CrowdFlower a donc orchestré les traductions par l’intermédiaire de son réseau de micro-travailleurs, pour un coût et une vitesse inégalables.

Lukas Biewald, le PDG de CrowdFlower explique à Fast Co.Exist :

« Les gens se connectent à nous, traduisent les messages et les envoient directement au bon travailleur humanitaire, selon qu’il s’agisse d’un problème médical, d’un manque d’eau ou d’un problème d’infrastructure. »

Dans ces situations difficiles, l’information est une denrée précieuse mais rare, explique encore Lukas Biewald : il est toujours très compliqué d’obtenir des informations du terrain. Pour cette raison, l’entrepreneur estime que payer des gens, même très peu, donne de meilleurs résultats que de ne compter que sur des bénévoles.

La prochaine étape ? Systématiser ce procédé afin d’être parfaitement réactif pour les prochaines catastrophes.

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