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Quand un président se met à parler d’un « mème »

7 octobre 2011

Un président qui fait appel à un « mème » né sur internet en plein discours. Ca se passe au Mexique, avec Felipe Calderon qui, lors d’une récente intervention destinée à galvaniser les athlètes du pays en partance pour une compétition sportive, s’est risqué sur les terrains du « El Fua » – toutes les explications sur l’origine de cette expression reprise à d’innombrables reprises sur internet sont

Un énième « buzz » inutile ? Pas sûr, se risque Andres Monroy Hernandez dans un billet publié il y a quelques jours sur le blog Social Media Collective. Le jeune chercheur veut y voir une illustration pratique de la « Cute Cat Theory», conceptualisée en 2008 par Ethan Zuckerberg.

Selon cette théorie, la circulation d’images de chats mignons, en apparence insignifiantes, joue un rôle fondamental pour la liberté d’expression sur le Net. Il prend comme exemple l’ex-président tunisien Ben Ali, qui avait censuré à l’époque l’accès à un site de partage de vidéos :

« Quand le gouvernement bloque l’accès à DailyMotion, cela se répercute bien au-delà des seuls tunisiens qui sont des activistes politiques. Les ‘Cute cats’ sont les dommages collatéraux de cette censure. Et même ceux qui ne se souciaient pas vraiment des abus du président deviennent conscients que le gouvernement a peur des espaces d’expression en ligne. Peur au point de censurer des millions de vidéos tout à fait banales. »

Il est en effet très dur, malgré les tentatives récurrentes de certains régimes autoritaires, de bloquer l’accès à des contenus très spécifiques. Sans oublier que ces pratiques incitent, par ricochet, nos amateurs de « lol » et de chats déjantés à apprendre à se servir de proxies anonymes et à publier en toute discrétion.

 Pour aller plus loin :

 

(photo : Felipe Calderon par World Economique Forum via Flickr, licence CC)

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