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Que permet le numérique que ne permettent pas les outils traditionnels ?

16 décembre 2014

A l’heure du « tsunami numérique », comme dirait Emmanuel Davidenkoff, il est important de revenir aux fondamentaux en se posant la bonne question : finalement, que permet le numérique que ne permettent pas les outils traditionnels ?

Les vertus du numérique dans l’éducation sont multiples. Il permet entre autres de multiplier l’accès à l’information et aux savoirs ; renforcer l’autonomie ; rendre plus actifs les élèves ; accroître les échanges au sein de la communauté éducative ; mettre en place des conditions de travail plus motivantes pour les élèves.

Beaucoup de ces vertus existent sans le numérique, qui n’est qu’un équipement : les pédagogies actives par exemple, comme la fameuse classe inversée (apprendre à la maison ; s’exercer en cours) permettant d’accentuer l’autonomie des élèves (à l’instar des pédagogies Freinet ou Montessori), existent et n’ont pas besoin d’un énième « plan tablette » pour s’exercer. Le numérique, dans ces contextes, ne vient que renforcer les pédagogies existantes en fournissant des outils et des environnements de travail plus performants, si et seulement si on est capable de vraiment former les enseignants à leur usage – ce qui n’est pas suffisamment le cas.

La vraie innovation due au numérique ne se trouve pas essentiellement dans la classe, mais hors classe. Le numérique permet d’effacer la frontière entre le monde du savoir et de l’apprentissage (en classe), et celui de la maison. Il déplace le centre de gravité de l’éducation des murs de l’école vers… soi-même. Tout devient prétexte pour apprendre. Paradoxalement, c’est à la maison que la structuration du numérique devient la plus cruciale : comment aider les enfants à ordonner leurs apprentissages, lorsqu’ils sont livrés à l’immensité de la toile ? comment accompagner les élèves au mieux, dans leur éducation, maintenant que nous avons la possibilité de les suivre dans leur quotidien ?    

Là réside une partie des défis de demain : pas seulement à l’école, mais hors les murs de l’école. Cela tombe bien, c’est aussi hors les murs que se trouvent les plus grandes inégalités : inégalités face aux devoirs, inégalités face à l’information et au savoir disponible chez soi, inégalités face à l’organisation ou à la possibilité de travailler dans de bonnes conditions. Le numérique peut donc nous permettre de faire tomber ces murs-là.

Bien sûr, le numérique reste un outil – personne n’a encore trouvé un robot-prof, et c’est tant mieux : l’éducation a besoin de la capacité des êtres humains pour transmettre ses fruits. L’information est partout, mais encore faut-il être capable de le transformer en… savoir. Le seul capable de faire cela reste l’enseignant. Les pédagogies numériques idéales sont donc celles qui sauront utiliser l’ensemble de l’espace et du temps pour permettre aux élèves de grandir, d’apprendre, de s’éveiller, en les rendant acteurs de leur parcours, et en n’oubliant pas que l’enseignant reste au cœur du dispositif. 

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