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Quel modèle économique pour les « smart cities » ?

20 novembre 2014

Cela fait maintenant quelques temps que l’on en parle : le numérique va envahir nos villes. Collecte de données, capteurs, réseaux intelligents, le potentiel d’exploitation semble sans limite. Mais où en est la réflexion sur la ville intelligente en France ? C’est la question que se pose La Tribune alors que le journal organisait le 20 novembre dernier un Forum consacré aux smart cities.

Les industriels, d’un côté et les collectivités, de l’autre ne se sont pas encore tout à fait trouvés. Les industriels sont nombreux à proposer leurs solutions, parfois les uns contre les autres et parfois en tant que partenaires. En face, les collectivités font face à des problématiques concernant le coût de la ville, mais aussi par rapport à l’évaluation des usages et leurs évolutions dans les 15 à 20 ans qui viennent.

Du côté des usagers, le potentiel du numérique est déjà intégré : 9 Français sur 10 pensent que le développement et l’utilisation des technologies du numérique par les municipalités peut être utile aux habitants. Pour autant, la ville doit se garder de croire qu’il suffirait de placer des capteurs partout dans la ville pour pouvoir la piloter. C’est ce dont nous prévient Francis Jutand, directeur scientifique de l’Institut Mines-Télécom : « La ville est d’une telle complexité qu’elle ne peut se réduire à un tableau de bord. La ville, c’est la multiplicité, c’est la gestion d’une complexité de plus en plus grande due à des tas de systèmes qui interagissent et à des réactions imprévues. »

Un temps, les municipalités ont semblé à la traîne et ont montré des difficultés à saisir ces enjeux. Mais aujourd’hui, elles mettent les bouchées doubles pour élaborer leur propre vision de la ville intelligente et apprendre à guider leurs partenaires industriels vers des projets durables. Pionnière dans ce domaine, la ville de Paris s’est par exemple dotée d’une mission sur la ville intelligente pour traiter de manière transversale les dossiers relevant de différentes directions. L’objectif ? Eviter un fonctionnement en silo.

« Je commence à sentir une forte accélération dans les collectivités, confirme Laurence Lafont, directrice de la division Secteur Public chez Microsoft France. Sur l’importance du numérique comme levier de réduction des dépenses et comme outil pour rendre différemment le même service, les villes accélèrent leur réflexion ».

Capteurs mobiles donc réutilisables, tarifs du cloud en diminution… le coût des technologies devrait effectivement baisser, concrétisant au passage certaines promesses de la ville intelligente. Restent quelques réticences d’ordre économique à lever. Par exemple, les villes peuvent craindre de subir les inconvénients des « early adopters » : celles qui s’équipent en premier et qui payeront donc la technologie au prix fort, avant que les suivantes en bénéficient à un coût moindre.

Et en effet, l’aspect financier risque bel et bien d’être la motivation première du passage (ou non) d’une ville au numérique : est-ce que cela permettra de faire des économies, et mieux, est-ce que cela sera susceptible de générer de nouveaux revenus, notamment avec la création d’une filière économique ? C’est le cas à Cherbourg : en ciblant la mobilité intelligente, c’est tout un écosystème et une filière autour de la voiture à hydrogène qui se met en place.

Pour plus d’informations, rendez-vous sur l’article de La Tribune.

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