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Quel sens donner au monde des données ouvertes ?

19 avril 2011

Nous terminons la publication des vidéos tirées de la conférence L’Open Data, et nous, et nous et nous ?, que nous avons organisée le 17 mars avec le World e.gov Forum, au campus Microsoft.

Retour sur la première table ronde intitulée « Quel sens donner au monde des données ouvertes ? » et qui propose un tour d’horizon du potentiel et des valeurs du mouvement de l’Open Data.

Comment l’Open Data va t-il changer le lien gouvernants-gouvernés ? Quelle société pour demain, dans un monde où les données sont libérées ? Quelles conséquences pour la vie privée, la politique, les citoyens ou pour les entreprises ?

Réponses en vidéo.

Les participants (de gauche à droite sur scène) :

  • François Bancilhon, CEO de Data-Publica
  • Jean-Louis Missika, adjoint au Maire de Paris, en charge de l’innovation, de la recherche et de l’enseignement supérieur
  • Serge Soudoplatoff, responsable de la prospective numérique à la Fondapol
  • Michael Cross, journaliste et initiateur de la campagne « Free our data »

> L’Open Data, pilier du gouvernement 2.0

« L’Open Data est l’un des trois piliers du gouvernement 2.0, comme nous le montre l’exemple australien : il doit être associé à l’utilisation des outils 2.0, collaboratifs, pour plus de transparence, pour améliorer les relations entre l’administration et les citoyens. Il faut également une profonde transformation culturelle interne pour améliorer ces relations » explique Serge Soudoplatoff.

Il plaide pour « une intelligence collective : ce qui veut dire un changement radical des modes de gouvernance ».

> Une étape vers une nouvelle forme de gouvernance

Jean-Louis Missika explique que « l’ouverture des données est une brique dans la nouvelle collaboration entre politiques et citoyens ». Il interroge la logique de production et de coproduction de la ville.

« Comme le disait Bernard Stiegler [revoir la vidéo de son intervention], nous vivons une période de transformation profonde : c’est l’équivalent de la révolution de l’écriture ou de l’imprimerie. Ce type de rupture technologique modifie tous les secteurs : le commerce, les médias ou encore la politique » poursuit-il.

> Prévoir et faire réagir grâce à l’Open Data

Pour François Bancilhon, l’ouverture des données permet à une nouvelle société d’émerger :

« De plus en plus d’acteurs voient de plus en plus de données : tout le monde ne va pas nécessairement tout voir, mais les acteurs se multiplient, des politiques aux citoyens en passant par les entreprises. Et ces données permettent à la fois de faire réagir et de prévoir, ce qu’on fait trop peu ou mal pour l’instant. »

« On peut optimiser les grands systèmes et définir des stratégies pour prévoir l’avenir. Par exemple : anticiper une pénurie de médecins dans plusieurs années » explique t-il.

> Plus de données pour les journalistes : pas nécessairement une bonne chose ?

Revenant sur son expérience en tant que journaliste, notamment au Guardian, Michael Cross montre que si la libération des données peut aider les journalistes, elle n’est pas toujours bénéfique :

« L’Open Data change le journalisme car il permet un accès à beaucoup plus de données. Mais ce n’est pas nécessairement une bonne chose pour les journalistes, notamment parce que nous aimons découvrir des faits restés secrets. »

Il reprend en expliquant que « les journalistes n’ont pas toujours le temps d’analyser toutes ces données. Il faut remplir des pages avec moins en moins de journalistes et de plus en plus de données : les rédactions se tournent de plus en plus vers des organismes extérieurs pour faire ce travail ingrat ».

> Pour aller plus loin :

 

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