Quelle identité à l’heure du tout connecté ? share
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Quelle identité à l'heure du tout connecté ?

25 janvier 2013

Vos profils Facebook, LinkedIn ou Twitter sont-ils représentatifs de qui vous êtes ? Des milliers de données vous concernant sont présentes dans le cloud. Qu’en est-il donc de votre identité (ou de vos identités) en ligne ? Quels sont les enjeux légaux, sociaux et professionnels ? Ce sont les questions soulevées par le rapport Future Identities au Royaume-Uni et dont Wired se fait l’écho.

L’hyperconnexion, par le biais des terminaux mobiles notamment, remet en question la notion d’identité. Sur le Web, les gens partagent et stockent de très nombreuses données personnelles. Il devient donc nécessaire que les politiques prennent en compte ces nouveaux usages et ce flux d’information. Le rapport remis au Ministère des Sciences anglais cherche établir comment l’identité est perçue aujourd’hui, tout en anticipant les changements des dix prochaines années.

> Hyperconnexion

La possibilité d’être connecté à tout instant est le moteur central de cette mutation. La multiplication des terminaux mobiles et les possibilités de stockage illimité contribuent à alimenter constamment les flux de données personnelles. Selon le rapport, en 2007, seulement 17% des internautes britanniques étaient inscrits sur un réseau social. En 2012, ils étaient 60%.

Les internautes fournissent ainsi des données concernant tous les aspects de leur vie : ils créent alors une sorte de magasin virtuel de leurs propres données, distribuées ensuite sur plusieurs plateformes qui peuvent être exploitées par différents acteurs tels que des annonceurs publicitaires, des gouvernements, des fournisseurs de services mais aussi des criminels. 

Le rapport souligne toutefois que cet environnement virtuel n’a pas créé une nouvelle identité mais en a révélé de multiples pour une même personne. Et c’est cette « pluralité sociale » que le rapport appelle à prendre en considération. Ces nouveaux usages sur le web redéfinissent les périodes de la vie, davantage définies par des attitudes et des rôles que par les âges à proprement parler. 

> Identité publique / Identité privée

Autre changement notable : la frontière entre l’identité publique et l’identité privée devient de plus en plus floue. Les paramètres de confidentialités des réseaux sociaux et la géolocalisation posent ainsi différentes questions, notamment chez les plus jeunes qui ne saisissent pas encore tous les enjeux de sécurité.

Selon la loi britannique, si l’Etat définit les droits et les devoirs de l’individu, celui-ci est détenteur de son identité sociale, il la choisit et la définit. Mais le rapport soulève un bon nombre de questions : Que passe-t-il après la mort ? Quels droits possèdent les individus sur leurs données après un décès ? Quel archivage et quel réutilisation des données possible ?

> Culture numérique

Le rapport constate que la plupart des internautes/mobinautes sont vulnérables sur le net : les crimes permis grâce à l’accès aux informations personnelles et financières sur Internet est en constante augmentation. Même s’il existe de plus en plus de systèmes permettant de traquer et de détecter les activités criminelles. Il serait donc nécessaire que les gens disposent d’une « culture numérique », qu’ils aient les connaissances techniques pour prendre totalement contrôle de leur identité et qu’ils comprennent comment leurs données personnelles peuvent être utilisées par d’autres. 

Cette maîtrise par les individus eux-mêmes s’avérerait d’autant plus nécessaire dans les années à venir que « maintenir une présence en ligne pourrait devenir la norme, et que toute absence sur les médias sociaux pourraient être vue comme singulière voire même suspicieuse. »

Le gouvernement doit donc prendre la mesure de l’immédiateté et de l’hyperconnexion permise par ces réseaux pour comprendre ce qu’il s’y passe en temps réel. Et ainsi adapter les politiques publiques en fonction des données.

Si ce rapport s’est concentré sur le cas britannique, ces enjeux concernent un espace bien plus large. Ne manque plus qu’aux autres pays européens de disposer de telles recommandations.

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