Régionales 2015 : « Le numérique n’est pas encore un facteur-clé dans le choix des électeurs » share
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Régionales 2015 : « Le numérique n’est pas encore un facteur-clé dans le choix des électeurs »

11 décembre 2015

Selon le baromètre numérique des régionales 2015 réalisé par Renaissance numérique, 95% des programmes des candidats aux régionales 2015 font référence au numérique dans leur programme, en majorité comme levier de croissance économique et de renouvellement de la démocratie locale. Et pourtant, les propositions liées à ce thème ne semblent pas encore constituer des arguments de vote tangibles auprès des électeurs. Explications avec Camille Vaziaga, déléguée générale chez Renaissance numérique.

Votre baromètre numérique des régionales montre que 95% des programmes des candidats aux élections régionales ont fait référence au numérique. Certaines propositions vous semblent-elles particulièrement marquantes pour faire du numérique un levier de croissance ?  

Camille Vaziaga : Clusters, fablabs et incubateurs sont très présents dans les programmes mais le plus intéressant, et ce qui nous donne le plus d’optimisme, est l’utilisation du numérique comme outil de démocratie locale par les collectivités. Nous avons par exemple vu des propositions pour filmer et retransmettre en direct des conseils régionaux, pour mettre en place des dispositifs de crowdfunding citoyen ou encore des plateformes régionales d’open data.

Vous aviez vous même réalisé des propositions… Ont-elles été entendues ?

Nos propositions sur la gouvernance ouverte et le numérique comme levier économique ont été entendues. Mais nos propositions sur les plans de transformation numérique des administrations régionales sont le gros point manquant des programmes.

La réforme des grandes régions devrait aussi être la grande réforme de l’administration. Il ne s’agit pas de réformer uniquement les politiques publiques mais de pouvoir également transformer l’appareil public.

Suite aux résultats du premier tour des élections régionales, les candidats encore en lice se démarquent-ils sur le numérique, que ce soit par leur absence de propositions ou au contraire leur profusion ?

Indéniablement, le numérique en tant que tel n’a pas été un thème de campagne et n’est donc pas un facteur clé dans le choix des électeurs. 

Si l’on se prête cependant à une lecture des programmes numériques de chaque parti politique, on note que le Parti socialiste et Les Républicains font tous deux preuve d’une certaine compréhension des enjeux numériques. Cette thématique est présente dans leurs programmes pour des enjeux plus larges que ceux de la vidéo surveillance, ce qui est moins vrai pour les candidats du Front national. Il est à ce titre intéressant de noter que l’idée selon laquelle la jeunesse aurait une appétence naturelle pour les nouvelles technologies ne se traduit pas en propositions concrètes pour la gouvernance d’une région. 



Au-delà des programmes, vous vous êtes également penchés sur la présence en ligne des candidats. Qu’elles sont les principales conclusions que vous en tirez ? Les candidats présents au second tour sont-ils forcément les plus actifs sur le web ?

Au sujet de la présence en ligne, le fait pour les candidats de disposer d’une page Facebook et d’un compte Twitter personnels ou dédiés à la campagne est désormais acquis. Le numérique, tout du moins le Web 2.0 dans ses usages les plus basiques, est donc véritablement devenu un outil de campagne indispensable. 

Même constat pour les sites de campagne qui relaient tous, a minima, la biographie du candidat, sa liste et ses actualités. Un seul bémol : moins d’une semaine avant le premier tour, trois programmes sur les 25 candidats n’étaient pas disponibles. Un vrai tort pour la transparence politique et l’information des citoyens… Par ailleurs, on peut aussi noter qu’un peu moins de 20 % des programmes ont été construits en donnant la parole aux citoyens.

Au final, diriez-vous que la présence en ligne a une incidence sur les résultats ? Y voyez-vous une corrélation ?  

Tirer une conclusion directe entre présence en ligne et résultats des candidats est compliqué. L’important a d’ailleurs moins trait aux comptes des candidats qu’à la communauté qui les entoure. Quand on voit le nombre de fans Facebook et de followers des candidats Front national [respectivement 324 000 et 100 000 pour les seuls comptes officiels, NDLR], qui constituent une communauté très active sur les réseaux sociaux, on comprend qu’en 2015, campagne sur le terrain rime aussi avec campagne sur le terrain des réseaux sociaux. 

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