Reprendre le temps d'innover ?

28 février 2012

Comment favoriser l’innovation et la création ? La question n’est pas nouvelle, mais sa réponse ne l’est peut-être pas beaucoup plus. C’est en tout cas ce que veut montrer Jon Gertner, journaliste au New York Times, en revenant sur les fameux laboratoires Bell.

Créés en 1925 dans le New Jersey, on leur doit notamment l’invention du transistor, à l’origine de tous les objets numériques actuels, les premières communications satellites, les premiers systèmes de téléphones cellulaires ou encore la fibre optique.

Mais comment expliquer qu’un groupe relativement restreint de scientifiques et d’ingénieurs ait pu, en à peine quelques décennies, se transformer en un centre d’idées aussi riche et au rayonnement mondial ?

Pour le journaliste, la réponse a un nom : Mervin Kelly, un physicien devenu président des laboratoires et qui a imposé sa vision de l’innovation. Son idée principale ? Un « institut de technologie créative » comme son laboratoire a besoin d’une « masse critique » de chercheurs de talent pour échanger des idées. Mais pas seulement : il était également convaincu que la proximité physique était essentielle à toute innovation.

La volonté d’encourager les échanges transparaissait même dans l’architecture du centre de recherche : Mervin Kelly avait conçu des couloirs si longs qu’il était impossible de ne croiser personne en se déplaçant. Les chercheurs, pour se servir des téléphones, devaient également obligatoirement passer par les usines. Une façon de les mettre en rapport direct avec les techniciens et les ouvriers. Et d’ailleurs, tous les employés de Bell devaient travailler avec leur porte ouverte.

L’autre aspect essentiel était la liberté d’action des chercheurs : les équipes avaient tellement d’autonomie que le directeur de la recherche n’était même pas au courant des avancées de certains chercheurs des années durant. Pour l’équipe de recherche qui a inventé le transistor par exemple, deux années se sont écoulées avant qu’il n’y ait d’invention. Tout était basé sur la confiance dans la capacité d’innovation des équipes, et surtout dans leur capacité à s’inspirer les unes les autres.

Un exemple intéressant d’une recherche différente, intégrée et sur le long terme à l’heure où le culte de la vitesse lui est souvent – à tort ou à raison – préféré.

Chaque semaine,
recevez les immanquables
par email