Robotisation du travail : jusqu’où l’Homme est-il prêt à « s’augmenter » sans perdre son emploi ? share
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Robotisation du travail : jusqu’où l’Homme est-il prêt à "s’augmenter" sans perdre son emploi ?

30 juillet 2014

Du robot-journaliste au robot-serpent qui pourrait révolutionner la chirurgie, notre environnement de travail est de plus en plus investi par les machines. L’objectif : gagner en efficacité, être assisté pour des tâches difficiles et soulagé des plus redondantes. Et si les robots détruisaient finalement plus d’emplois qu’ils n’en créaient ? C’est la question posée par la BBC, alors que le Royaume-Uni révélait récemment sa stratégie « robotique » qui vise à transformer les projections d’experts en un marché bien réel, estimé à plusieurs milliers de milliards de livres. 

La robotisation du travail s’accélère

Un marché colossal qui ne manque pas de révéler les transformations en cours. La Fédération internationale de la robotique rapporte ainsi que 179 000 robots industriels ont été achetés en 2013, y compris par les puissances émergentes comme la Chine (qui en est même le premier importateur), ou l’Inde.

Partout dans le monde, des firmes investissent dans des technologies de pointe capables de « robotiser » les emplois, avec une finesse sans précédent : au Japon par exemple, Yaskawa produit des robots dotés de deux bras pour assembler des objets sur une chaîne de production avec la dextérité d’un être humain. 

Entre l’Homme et la machine, la concurrence devient de plus en plus rude à mesure que s’accélère le progrès technologique. A tel point que le Dr. Carl Frey de l’Université d’Oxford estime que d’ici quelques décennies, la moitié des emplois américains seront menacés d’extinction.

Vers un nouvel âge de la robotisation : celui de l’algorithme

Mais pourquoi une tendance si lourde ? Parce que ce ne sont pas seulement les machines « tangibles » (comme le robot-serpent ou les robots-assembleurs de Yaskawa) qui se généralisent. On assiste, de fait, à l’émergence de puissants algorithmes, eux aussi susceptibles de rendre l’humain moins utile. En mars dernier, le Los Angeles Times avait ainsi publié un article automatiquement généré par un algorithme interprétant en temps réel un tremblement de terre. Autre exemple, l’algorithme d’Uber, capable de mettre en relation les voitures disponibles avec les passagers en attente, inquiète particulièrement ses concurrents.

Une vision trop pessimiste ?

Toutefois pour le Pr. Robert Atkinson, président du think tank américain Information Technology and Innovation Foundation, l’estimation du Dr. Frey se révèle trop pessimiste. Selon lui, un tiers, au plus, des métiers existants pourraient être automatisés par les technologies d’aujourd’hui, qui sont aptes à remplir une fonction, mais pas à exercer un métier composé de fonctions plurielles. Les emplois les plus rapidement touchés devraient ainsi être ceux dont les fonctions sont les moins nombreuses : dactylographie, transactions immobilières, ou encore commerce de détail. Tandis que les entraîneurs sportifs, acteurs, travailleurs sociaux, ou encore les pompiers sont, a priori, moins directement menacés.

Le Pr. Atkinson va même plus loin : en permettant aux entreprises de réaliser des économies d’échelle, l’automatisation de certaines tâches devrait avoir un effet vertueux sur les salaires et la consommation… et donc, in fine, sur la création de nouveaux emplois. Une vision que n’écarte pas le Dr. Frey : « tout dépend comment on s’adapte. »

Pour en savoir plus et retrouver tout l’article de la BBC, c’est ici.

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