Cette compagnie d’assurance vous paie pour rester en bonne santé share
back to to

Cette compagnie d’assurance vous paie pour rester en bonne santé

11 décembre 2014

Inciter ses adhérents à rester en bonne santé en échange de bons d’achats, c’est ce que propose la petite compagnie d’assurance américaine Oscar. Mais derrière cette formulation attractive, c’est de la révolution des données santé et son utilisation par les compagnies d’assurance qu’il s’agit. Décryptage avec Wired.

En fournissant un bracelet connecté à ses clients, la compagnie d’assurance espère les inciter à faire un peu plus d’exercice. Pour l’instant, il s’agit de compter le nombre de pas effectués, et de récompenser d’un dollar par jour ceux qui dépasse leur objectif (déterminé individuellement par des algorithmes basés sur les données de santé de chacun). Mario Schlosser, cofondateur d’Oscar explique la logique utilisée : « Si je n’ai pas d’accident, mon assureur auto me fera payer moins cher. Pourquoi ne pas donner de telles récompenses aux gens qui restent en bonne santé ? ».

Pour Kevin Volpp, directeur du Centre des incitations pour la santé et d’économie comportementale de l’Université de Pennsylvanie, le succès d’une telle initiative dépend de sa conception et du profil de ceux qui sont récompensés :

« Si je suis le genre de personne qui marche 8 000 pas par jour, 1 dollar par jour pourrait me motiver à en faire 10 000, mais si je suis le genre de personne qui marche 2 000 pas par jour, il est peu probable que j’en fasse 10 000 pour 1 dollar. Les gens ayant le plus grand gain potentiel pour leur santé sont les moins susceptibles de changer leur comportement, parce que l’incitation est trop difficile à gagner ».

De son côté, Mario Schlosser admet volontiers que cette démarche de gamification de l’assurance ne se résume pas à un « nudge » pour inciter à de meilleurs comportements : il s’agit avant tout de récolter des données sur les clients, qui pourront demain s’élargir et concerner la nutrition, le sommeil, ou encore la pression sanguine.

Si ces usages permettent d’avancer vers une « médecine personnalisée », comme l’explique François Ewald, professeur honoraire au Conservatoire national des arts et métiers et philosophe du risque et de l’assurance, il ajoute que « procéder ainsi, ce n’est pas seulement pouvoir mieux tarifer un contrat, c’est modifier la relation avec le client (…) L’idée qu’un assureur puisse vous surveiller en permanence et vous aider à prendre des décisions graves ne va pas de soi ».

Pour plus d’informations, rendez-vous sur Wired.

Chaque semaine,
recevez les immanquables
par email