Sur le Web, trop d’infos, plus de savoir ? share
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Sur le Web, trop d'infos, plus de savoir ?

5 janvier 2012

Dans un article du 1er janvier dernier, Thomas Rogers, journaliste pour Salon.com, revient sur la théorie de David Weinberger selon laquelle nous sommes entrés dans une ère de révolution de nos systèmes d’information. L’idée centrale ? Notre conception du savoir a été révolutionnée par Internet.

Selon le chercheur du Centre Berkman d’Harvard, l’envolée d’Internet a eu plusieurs effets :

– l’information est désormais plus accessible que jamais,

– l’information est plus connectée aux informations connexes et autres tenants du débat,

– des données jusqu’alors inaccessibles sont désormais à notre portée.

Qu’est-ce que cela implique ?

Dans son nouveau livre, Too Big to Know, David Weinberger s’est concentré, pour répondre à cette question, sur la façon dont notre nouvelle société transforme les médias, la science et notre vie de tous les jours. Pour lui, les faits ont été remplacés par des faits interconnectés :

« les sociétés occidentales ont longtemps pensé que le savoir correspondait à ce qu’il y avait dans les livres ou ce qui pouvait être écrit. Et comme les livres étaient écrits par des individus, nous avons souvent pensé que le savoir était une production des individus […]. Avec Internet en tant que nouveau media du savoir, le savoir […] prend vie aussi sur le niveau du réseau. »

David Weinberger signale aussi l’apparition des nouveaux types de faits avec le web : les faits simples coexistent avec les « triples » qui sont des connections de deux idées grâce à une relation, ce sont des liens en soi. Pour lui nous sommes passés à un savoir connecté.

« La métaphore précédente pour parler du savoir venait de l’architecture : nous avions des fondations, des briques. A présent nous avons des nuages. »

Question : ce déluge d’informations surcharge-t-il notre cerveau ?

David Weinberger met à mal la théorie de Clay Shirky selon laquelle « il n’y a pas de surcharge d’information à l’heure actuelle, il y a simplement un manque de filtres ».

Le problème est que les filtres d’information ne fonctionnent pas de la même façon à l’ère numérique. Les filtres physiques, traditionnels, consistent en la suppression de ce qui n’est pas intéressant, alors que les filtres numériques ne suppriment rien, ils réduisent seulement le nombre de clics nécessaires pour avoir accès à l’information.

Nous avons désormais beaucoup plus d’informations qu’avant à traiter. Mais cela ne veut pas dire que ce soit négatif :

« La plupart des personnes qui travaillent dans des domaines traditionnels vous diront qu’Internet les rend plus intelligents. Ils ne pourraient plus faire leur travail sans l’utiliser, ils travaillent plus vite et mieux. Ils en savent plus, et ils peuvent trouver plus si nécessaire. Dans les sciences ou les lettres, il est difficile de trouver quelqu’un qui soutienne qu’Internet le rend plus stupide. »

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